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Nous avons beau dire que les Marocains sont devenus un petit peu plus ouverts d’esprit que dans les autres pays arabes, grâce au fait d’être proches de l’Europe, mais certaines choses n’ont pas beaucoup changé. 

Il est vrai que quelques Marocains commencent à accepter des choses qui étaient jugées intolérables avant, mais certaines personnes refusent de suivre la vague, et restent bloquées sur leurs propos, ou tout simplement décident d’être hypocrites envers eux-mêmes et envers la société, et disent l’opposé de ce qu’ils pensent, par peur des gens qui les entourent.

La société a toujours ses tabous et ses interdits, malgré la mondialisation, ce qui laisse certaines personnes intolérantes à tout ce qui est nouveau. La jeunesse marocaine, de son côté, est perdue dans ses contradictions et continue à se chercher. Divisé entre une modernité virtuelle et une pesanteur conservatrice, le jeune marocain continue à se forger une identité, ce qui le pousse à être schizophrène parfois.

Un Marocain a ainsi le plus souvent une sorte de double personnalité. La première se manifeste lorsqu’il est en groupe, et qu’il est en train de parler de famille, valeurs, religion et tradition, et la seconde quand il est seul, et tout devient permis à cet instant.

Schizophrène faute d’éducation ?

Ce conflit vient du fait que nous voulons être Marocains et Européens ou Américains en même temps. Nous sommes déchirés entre l’éducation que nous avons reçue, et l’ouverture sur d’autres cultures.

Un jeune peut sortir avec une fille pendant des années en se disant moderne et ouvert d’esprit, mais le jour où il va décider de se marier, il ira à la recherche de « Bent Nass » avec l’aide et la bénédiction de sa mère. Un Marocain sort avec des filles mais refuse qu’un homme sorte avec sa sœur, sans se préoccuper du fait que la fille qu’il fréquente soit la soeur de quelqu’un… c’est typiquement marocain.

Nous vivons dans un pays musulman, nous respectons nos mœurs et nos traditions que nous avons héritées de ceux qui nous ont précédés, mais nous nous sommes ouverts sur d’autres cultures.

Nous restons schizophrènes dans des gestes simples. Quand un bus ne marque pas un arrêt car il est plein, alors que nous l’attendions, nous traitons le chauffeur de tous les noms ; mais une fois dans le bus, nous nous plaignons si le chauffeur décide de s’arrêter à toutes les stations. Un exemple certes futile, mais qui incarne la schizophrénie de tous les jours.

Femme au travail, encore pire
Alors que l’homme soutient l’accès de la femme au travail, et clame dans tous les coins son soutien, les rapports homme et femme dans l’univers domestique ne se sont pas vraiment améliorés depuis que la femme a commencé à travailler. Rien n’a changé dans les foyers, les tâches ne sont pas partagées, et c’est toujours la femme qui doit effectuer les tâches ménagères, donc elle se retrouve en train de travailler à l’extérieur et à l’intérieur. Son mari n’a plus qu’à s’installer devant sa télévision, en attendant que son épouse prépare à manger. «Mon mari rentre à la maison une heure avant moi mais ne prépare jamais à manger ni ne m’aide à faire le ménage. Pour lui, cela reste le rôle des femmes», déclare Faiza, propriétaire d’un magasin.

Les salaires des femmes sont aussi une question honteuse. Même si les femmes font preuve de plus de compétence au travail, elles se retrouvent avec des salaires inférieurs à leurs collègues masculins. Certaines entreprises paient moins les femmes que les hommes. Pourquoi ? Personne n’a de réponse.

Marocains, Noël et la Saint-sylvestre, un autre débat
Tout au long de cette semaine, les murs de Facebook ont été bombardés par des statuts appelant à ne pas célébrer le nouvel an, car le Maroc est un pays musulman. Certains sont même allés très loin en avançant que cette année, la Saint-Sylvestre coïncide avec la date de la mort du Prophète Mohamed SAV, et les gens partagent ce genre de statut sans s’assurer si ce qui est écrit est vrai ou faux.

Il suffisait de faire un tour dans les rues le jour de l’An pour remarquer une autre réalité. Une atmosphère particulière, des boutiques décorées, des boulangeries pleines de gens, des soirées partout, de la musique forte, des adolescents imbibés, et d’autres choses qui prouvent l’ouverture des Marocains sur d’autres cultures.

« Nous sommes un pays musulman, je ne comprends pas pourquoi tous les magasins sont décorés, pourquoi il y a des sapins dans les Malls, pourquoi y a des pères Noël qui circulent dans la rue depuis quelques jours, et pourquoi les enfants prennent des photos avec eux. C’est scandaleux, Noël et la Saint-sylvestre ne font pas partie de notre culture. Vous pouvez demander à nos enfants qui est Baba Achour, ils ne le connaîtront certainement pas, et pourtant il fait partie de notre patrimoine culturel », constate Driss, retraité.

Avoir des convictions n’est pas un crime, mais défendre tradition et religion, alors que nous-mêmes ne les respectons pas, est un signe qu’il est temps de changer et faire preuve de responsabilité.

Hajar Hamri
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