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Personne ne semblait intéressé par les services de Mohamed Kabendji, 27 ans, Bruxellois d'origine algérienne diplômé en graphisme, jusqu'à ce qu'il change officiellement son nom en Kyan. Depuis, il ne sait plus où donner de la tête. "Ce n'est pas un phénomène isolé", nous dit-on au SPF Justice et à Actiris.

Kyan, qui s'appelait Mohamed jusqu'il y a deux ans, a étudié le graphisme à Namur. Après avoir obtenu son diplôme, il retourne à Bruxelles pour croquer la vie professionnelle à pleines dents. Il se doutait depuis le début que son nom lui vaudrait des difficultés. "Pendant mes études, j'avais déjà compris qu'on me traitait différemment à cause de mon nom. Dans le métro, à l'école, dans la vie quotidienne, je voyais des inconvénients partout."

Après avoir obtenu son diplôme, il sollicitait à plus de quarante endroits différents, sans recevoir la moindre réponse. "Je comprends qu'il est difficile de trouver du travail pour tout le monde, mais je m'attendais tout de même à recevoir quelques réponses, même négatives."

Il décida donc de changer de prénom pour avoir plus de chances sur le marché de l'emploi. Au début, ses parents, tous deux des musulmans pratiquants, étaient opposés à l'idée, mais entretemps ils ont compris les avantages.

Deux semaines après, il a trouvé du travail, et deux ans après, Kyan développe en tant qu'indépendant des sites, des infographies et des visualisations 3D.

Le cas de Mohamed n'est pas isolé, nous raconte l'agence régionale de l'emploi Actiris. "La diversité est une réalité à Bruxelles, mais la discrimination hélas aussi", nous explique l'adjointe au directeur-général Caroline Mancel. "Les chiffres en disent long. Le chômage chez les gens d'origine belge se situe à moins de 10 pourcents. Pour les gens d'origine maghrébine, il est de 30 pourcents."

La politique contribue-t-elle suffisamment à la lutte contre la discrimination? "Quand on entend l'exemple de Mohamed/Kyan, on se rend compte qu'il y a encore du pain sur la planche", avoue Mancel.

© Mathias Declercq / BRUZZ



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