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Je n’arrive pas à comprendre comment les responsables concernés par cette expédition hors normes et hors logique ont pu prendre une décision aussi maladroite et aussi grossière: importer 2500 tonnes d’ordures pour les incinérer ici, chez nous.

Vous allez me croire ou pas, mais je vous assure qu’aussi bien la semaine dernière que cette semaine, j’ai résisté comme j’ai pu pour ne pas parler de ce dont tout le monde parle, mais j’ai fini finalement par céder. Et c’est ainsi que c’est à mon corps résistant que j’avais consacré ma chronique de mardi dernier au sac en plastique qui n’a pas fini de finir, et qu’aujourd’hui, je me sens obligé de traiter ce thème malvenu et surtout malodorant, à savoir les déchets qui se sont dernièrement déversés en masse sur notre pays et plus exactement dans la région de Safi qui n’est pas, hélas, à son premier scandale écologique.

En fait, personne ne m’a jamais imposé d’écrire sur tel ou tel sujet, mais comment voulez-vous que j’occulte un problème qui semble préoccuper tous mes concitoyens et toutes mes concitoyennes, y compris, comme l’ont relevé certains internautes plutôt taquins, ceux et celles qui n’ont jamais eu de scrupules pour jeter toutes sortes de détritus partout et en tout temps.

Entre nous, ce n’est pas seulement parce que cette actualité fait le buzz que j’en parle, mais c’est parce qu’elle est vraiment, carrément et littéralement scandaleuse. C’est inouï ! Je vous assure que j’ai beau réfléchir et retourner la question dans tous les sens, je n’arrive pas à comprendre comment les responsables concernés par cette expédition hors normes et hors logique ont pu prendre une décision aussi maladroite et aussi grossière: importer 2500 tonnes d’ordures pour les incinérer ici, chez nous, au Maroc !

C’est vrai qu’elles ne vont pas être brûlées, comme ça, dans la rue, en plein air puisqu’elles sont, nous dit-on, destinées à alimenter les grands fourneaux de nos grands cimentiers ce qui, théoriquement, devrait contribuer à alléger la facture énergétique de notre pays. Tout cela est bien vrai, mais il est aussi bien vrai que toutes ces cochonneries, fussent-elles d’origine italienne, aussitôt grillées, vont se retrouver sous une forme fumeuse et humeuse juste au-dessus de nos têtes et vont retomber, d’une manière ou d’une autre, à un moment ou à un autre, dans nos assiettes, puis dans nos bouches, puis enfin, dans nos poumons avec tous les dégâts qu’on peut aisément imaginer.

Certains pourraient me rétorquer que la ministre chargée de préserver la qualité déjà douteuse de notre environnement a assuré que ces ordures estampillées «made in Italy» seraient garanties non toxiques et, donc, qu’elles n’auraient aucune incidence néfaste, ni bénéfique d’ailleurs, sur notre santé. Elle a aussi affirmé que si elle a opté pour des ordures d’importation au lieu de consommer nos bonnes ordures locales, c’est parce que les nôtres ne sont pas triées, parce qu’on ne sait pas encore, comme on dit, séparer le bon grain de l’ivraie.

Peut-être que vous dites vrai, Mme la Ministre, mais si c’est le cas, est-ce que vous pouvez me dire pourquoi nos amis Italiens nous ont-ils fourgué ces denrées qui seraient, à vous entendre en parler, presque comestibles, et pourquoi ne les ont–ils pas gardées pour eux-mêmes? De plus, ça tombe vraiment très mal pour vous puisque nous sommes à quelques petites semaines de l’organisation, sous votre égide et sous nos cieux qui risquent d’être fumeux de la Cop22, cet immense événement à portée universelle, voire mondiale, ce qui n’est pas tout à fait la même chose, parce que quand c’est mondial, tout le monde en parle. Et, justement, depuis quelques jours, presque tous les médias de presque le monde entier rapportent cette nouvelle saugrenue, les uns, en riant sous cape de la bêtise désarmante de nos gouvernants, les autres en chialant sans se cachant tout en nous plaignant d’être aussi crédules et aussi naïfs.

Bref, en un mot comme en mille, tout le monde se fiche de notre gueule, alors que nous ne sommes que les victimes consentantes de nos responsables dont nous sommes parfaitement et totalement responsables puisque ce sont nous qui les avons, d’une façon ou d’une autre, placés là où ils et elles auraient dû ne pas y être si nous étions un peu plus futé(e) s.

Or, maintenant, ils et elles y sont, et je puis vous dire, que même si on râle jusqu’au mois d’octobre prochain, ils et elles y resteront encore pour un bon bout de temps. Quand j’ai dit cela, je sais que je n’ai presque rien dit et d’ailleurs, ça ne sert à rien de vous le dire. En effet, ce n’est pas parce que je vais vous rappeler que nous allons bientôt avoir des élections que vous allez aussitôt avoir envie de changer d’élu(e)s et donc de gouvernants et de gouvernantes. C’est exactement comme les poubelles : ce n’est pas parce qu’on va en mettre partout, que le gens vont y jeter les ordures.

Voilà. J’ai dit ce que j’avais à vous dire et je n’ai plus maintenant qu’à vous dire vivement la fin du ramadan et la fin de l’impunité et vivement mardi prochain.
Au fait : bonne fête.

Mohamed Laroussi
Le360.ma

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