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« Enough is enough » est le slogan des lésés de l’affaire de « Paradise Beach Golf & Resort ». Les victimes de la plus grosse arnaque immobilière au Maroc ont manifesté, ce lundi 11 juillet, leur colère devant le consulat général du royaume du Maroc à Londres.

On peut lire sur les pancartes dressées devant le consulat « King Mohammed must help us ». Ils sont venus de cinq pays d’Europe (Angleterre, Irlande, France, Ecosse et Espagne) pour demander l’intervention de SM le roi Mohammed VI dans cette affaire de corruption et d’arnaques. Ces investisseurs étrangers et MRE qui ont opté d’acheter un bien au Maroc ont été dupés par des entrepreneurs véreux sous la protection de responsables corrompus.

Le consul général du royaume, Abderahim Beyoud, a reçu les manifestants qui lui ont remis une lettre ouverte adressée au chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane. « Monsieur le consul nous a garanti que cette lettre arriverait bien à son destinataire et qu'elle recevrait toute l'attention nécessaire » indique le Collectif d’investisseurs. Une autre manifestation est prévue, cette fois-ci, en septembre devant l'ambassade du Maroc à Londres.

Lancé en 2007 après une opération de communication à Londres, le projet Paradise Beach Golf & Resort a séduit un millier d’Européens et MRE, grâce notamment à des garanties et des conventions attestées par le gouvernement selon le promoteur, Larbi Tadlaoui, un ancien MRE. Or, les travaux trainent toujours et la livraison, initialement prévue en 2011, n'a jamais eu lieu. Larbi Tadlaoui a été écroué pour fraude suite aux diverses actions « coup de poing » menées par le Collectif.

Arlette Colin
Wakeupinfo

La lettre ouverte Abdelilah Benkirane avec copie à David Cameron :
Objet : Re. Paradise Golf Beach Resort & Atlantic Golf View, Asilah, Maroc

Monsieur le Chef du Gouvernement,
Nous vous contactons concernant le projet immobilier Paradise Beach & Golf Resort (PBGR) et Atlantic Golf View situé entre Asilah et Tanger. Ce projet immobilier devait compter un parcours de golf de 18 trous, piscines, hotel et environ 800 appartements à construire sur des terres appartenant à l'État. Ce projet a été promu en se faisant valoir du soutien du gouvernement marocain lors une campagne publicitaire en Grande Bretagne et du soutien affiché de différents ministres lors de la SMAP à Paris en 2008. Ce projet faisait partie du programme gouvernementale ‘Vision 2010’ qui comme le souhaitait Sa Majesté le Roi Mohammed VI devait attirer des millions d’investisseurs étrangers et de touristes au Maroc.

Environ 800 unités ont été vendues à des investisseurs principalement anglais, français, irlandais, espagnoles et MRE. Un investissement qui équivaut à environ 45 millions de livre sterling dont 50% ont été déposés sur le compte des avocats désignés par le promoteur (‘Law & Taxes’).

La construction du projet et l’aménagement paysager de PBGR ont commencé en 2007 (et devait s’achever en 2010) avec la garantie pour les investisseurs que tous les permis de construction, autorisations et fonds de développement étaient en place.

En mai 2007, une convention d'investissement est signée par le gouvernement marocain (le Ministre des Finances, le Ministre de l'Industrie et du Commerce, le ministre du Tourisme et le Ministre délégué par le premier ministre) et le promoteur, Mr Larbi Tadlaoui. Convention qui a fini par convaincre les acquéreurs à verser leur acompte. La confiance du gouvernement envers ce promoteur a d‘ailleurs été renouvelée en 2015 alors même que les travaux s’étaient arrêtés complètement en 2009.

En effet depuis 2009, le site est à l’abandon pour les raisons qui suivent :
  • Le manque de fonds du promoteur : les acomptes versés par les investisseurs sont introuvables (10 millions d’euros auraient disparu), et ne peuvent pas être récupérés alors qu’ils avaient été versés sur le compte des avocats ‘Laws & Taxes’ qui devaient s’assurer de la bonne gestion de ces fonds.
  • Le système de garantie bancaire fournie par la Banque Populaire a été annulé après la première année et remplacé par une procuration fournie par les avocats de Mr Larbi Tadlaoui.
  • Le non-paiement d’Amendis par le promoteur pour le raccordement du site en eau depuis 2011.
  • La société publique CGI était en charge des travaux mais cette dernière s’est retirée du projet suite à des accusations de corruption en 2014.
  • Le promoteur, Larbi Tadlaoui, est en prison pour fraude depuis février.
Notre objectif est d'entamer des négociations avec des représentants du gouvernement et de la Banque Populaire pour achever ce projet immobilier. Malheureusement, toutes nos tentatives d’approche et de résolution par le biais de l’ambassade du Maroc à Londres ou par courrier à la banque sont restées vaines. Ne sachant vers qui nous tourner, nous continuerons à sensibiliser l’opinion publique par le biais des médias ou en manifestant devant les ambassades ou consulats du Maroc à Londres et en sollicitant l’aide du gouvernement britannique.

Monsieur le Premier Ministre, nous (Collectif d’investisseurs représentant 800 investisseurs) vous demandons instamment d’intervenir pour faire la lumière sur ce scandale immobilier et faire aboutir ce projet. Nous sollicitons également Sa Majesté le Roi Mohammed VI et le gouvernement marocain pour mettre fin à cette situation intolérable pour les investisseurs et pour le Maroc dont la réputation est malheureusement ternie par cette affaire. En outre, ceux qui ont abusé de la réputation du Maroc pour leur gain personnel devrait être tenu de rendre compte par l'Etat du Maroc et les 800 investisseurs concernés, informés en toute transparence.

Nos représentants se tiennent à votre disposition pour vous rencontrer à Londres ou à Rabat.
Nous, amis du Maroc, vous prions d’agréer, votre excellence, l’expression de notre profond respect.

Collectif d’Investisseurs PGBR ET AGR


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