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La société moderne est très active sur le plan de la défense des droits catégoriels, à commencer par ceux des non-humains. A ce propos, on cite les droits des animaux. Alors, suivant cette conscience humaine, rien ne peut nuire à la nature que l’homme lui-même.

Voilà un premier élément de cette enquête préliminaire, en attendant de reconnaître l’ennemi du monde. Mais la revendication de ce genre de droits ne s’arrête pas à ce niveau-là, elle s’étend vers le monde humain, pour protéger certaines catégories sociales, d’où, de prime abord, les droits des femmes. Puisqu’on s’active pour protéger les droits de celles-ci, on reconnait implicitement tel ou tel être humain masculin coupable.

Mais quelle serait exactement cet être vicieux à qui l’on s’adresse quand on défend la nature et les femmes ? On doit disculper les enfants, eux-mêmes constituent une catégorie qu’on défend, c’est en leur faveur qu’on forme des associations et on scande des slogans. Notre soi-disant ennemi ne serait donc ni une femme ni un enfant ni la nature, évidemment. Peut-être l’est-il cet humain mâle et mature. Mature ? Pas forcément.

Il est d’autres moyens de raffinement dont on peut se servir pour mettre la main sur le vrai coupable, comme de raccourcir l’intervalle, en évoquant les droits des personnes âgées. Faudra-t-il entrer en duel avec ce sujet pour ne plus laisser cette injustice, si terrible, sévir sous le ciel ? Allons-y donc ! Qu’est-ce qu’on attend ?

Je crois que le coupable est un homme masculin, à l’âge optimal, c’est-à-dire ni grand ni petit, ni non plus handicapé : il existe aussi des droits pour cette catégorie. Notre enquête un peu élucidée mérite d’être poussée un peu plus en avant. Le coupable n’est pas un homosexuel, ni non plus un homme en situation difficile… On a chacun ses droits catégoriels.

L’ennemi du monde n’est guère que cet homme parfait, fort et aisé, qui n’est pas classé parmi une catégorie précise, et que tout le monde accuse. C’est un homme abstrait, qui déprave et détruit, offense et trahit, bafoue et renie. Je me suis toujours demandé pourquoi l’homme optimal, c’est-à-dire l’homme le plus en situation confortable, est communément méprisé. La réponse est dans la nature humaine. Mais existe-t-il vraiment, cet homme optimal, ennemi de tout le monde ? Ou semble-t-il que l’être humain, ébloui par son être, a tendance à toujours accuser le néant ?

Mohamed Ouissaden
Ecrivain






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