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Le Football n’est pas seulement une passion populaire, au Maroc c’est un enjeu politique. Au plus haut niveau de l’Etat on intervient dans sa marche et ce depuis l’indépendance. Or, l’échec est absolu. Les résultats des équipes nationales toutes catégories d’âge confondues sont catastrophiques. 

Le Maroc est le recordman mondial des matchs à huit-clos, parce que l’on n’arrive pas à contenir le hooliganisme, alors même que la fréquentation des stades est la plus médiocre de l’Afrique du Nord.

Fassi Fehri, puis Lakjaâ, nommés à la tête de la FRMF, ont cu pouvoir tout régler en amenant de l’argent. Des institutions comme Bank Al Maghrib ou l’OCP, sont lourdement mises à contribution, alors qu’elles n’ont rien à vendre au public et donc aucun intérêt à financer ce sport. Rien ne fonctionne. On a financé des centres de formation qui sont fermés parce que les clubs n’ont pas les moyens de les faire fonctionner. L’inflation des salaires, des transports a pour résultat des clubs en déficit incapables de tenir leurs engagements. L’intrusion des politiques se termine toujours en tragédie. De grands clubs, Mohammedia, Settat et maintenant le MAS et le CODM disparaissent. Les retransmissions-télé sont un constat d’échec. Alors que tous les footeux ont accès à un Man vs Liverpool, nos trois chaînes leur proposent un spectacle insipide devant des gradins vides et des pancartes publicitaires qui relèvent plus de l’aumône que d’un véritable investissement publicitaire puisque le média, le football, est dévalorisé.

Mais on persiste dans l’erreur et chaque année on parle de nouveaux moyens financiers à mobiliser. La devanture, l’équipe nationale coûte très cher, pour des résultats très médiocres. Cela fait vingt ans que nous n’avons pas participé à une coupe du Monde, et nous sommes qualifiés à la CAN parce qu’elle est passée à 24 participants. Nous ramenons d’Europe des jeunes qui se font ridiculiser par la Gambie, qui a 20 fois moins de licenciés que nous.

Devant une telle faillite, ce ne sont pas les hommes qu’il faut changer mais la vision. Les pouvoirs publics doivent se recentrer sur leurs fonctions régaliennes. Ce qui devrait engloutir de l’argent public, c’est le sport de masse, les terrains de proximité pour permettre à tous les jeunes de pratiquer de l’exercice physique. Les fédérations doivent être autonomisées, gérées démocratiquement par les clubs affiliés.

A chaque mauvais résultat, le gouvernement est interpellé. Ce n’est que justice, puisque des présidents de fédérations sont nommés par le pouvoir. Faical Laarcichi gère le tennis, pour quels résultats ? Nous sommes battus par Monaco, en 4ème division mondiale. La vision actuelle et un échec absolu, coûteux financièrement, gênant politiquement et destructeur sportivement. La modernisation des clubs ne peut se décréter à coups de chèques.

Persister dans l’erreur est irresponsable. Lâchez l’affaire, il vaut mieux, « AL Kora » est trop compliquée pour les comptables même compétents dans leur domaine, rendons-la à ses gens, aux passionnés.

PS : la FMRF a un budget qui permettrait de construire 8 stades de proximité par an !

Par Jamal Berraoui

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