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Ali Bongo a été réélu avec 49,85% des voix. Son opposant, Jean Ping a été crédité de 48,16%. Le président sortant a sauvé son siège grâce à une mobilisation massive des électeurs de sa province d’origine, le Haut Ogooué, où son score dépasserait les 95% des suffrages exprimés.

En prétendant intervenir pour assurer la démocratie et l’alternance pacifique au Gabon, Paris commet une fraude réactionnaire. La France lance une opération impérialiste de changement de régime. Elle veut interférer dans les affaires gabonaises afin de façonner une base pour sa domination de ce pays, qui est au cœur des dispositifs de la Françafrique.

Jean Ping, le candidat soutenu par la France, est le fils d’un homme d’affaires franco-chinois influent et d’une mère gabonaise. Il est l’ancien beau-frère du président Ali Bongo. Ping posséderait de vastes propriétés en France et connaît bien les circuits financiers corrompus par lesquels l’industrie pétrolière et les partis bourgeois français pillent les richesses pétrolières du Gabon. Il profite lui aussi de cette manne, dans laquelle une petite part est utilisée pour déstabiliser le régime en place.
L’impérialisme français intervient non pas pour défendre la démocratie, mais pour préserver cet ordre social néocolonial. Paris a estimé que ses intérêts sont menacés non seulement par la montée du mécontentement social avec le régime Bongo, mais par les liens tissés entre ce régime et la Chine, dont l’influence est en pleine essor à travers l’Afrique.
Depuis l’arrivée d’Ali au pouvoir, le régime Bongo aurait récolté des dizaines de millions de dollars du constructeur chinois Sinohydro, qui a remporté des contrats clés au Gabon malgré l’influence traditionnelle des entreprises de construction françaises dans leur ancien « pré carré » africain.

L’intervention de Ping après les élections aura été préparée avec de hauts responsables français, qu’il a rencontrés à Paris en octobre dernier. Il s'est entretenu avec le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, le sénateur Jean-Pierre Cantegrit, la conseillère Afrique de François Hollande, Hélène Le Gal, le diplomate Jean-Christophe Belliard, et Ibrahima Diawadoh, et la conseillère Afrique du Premier ministre Manuel Valls.

Jean Ping collabore étroitement avec le PS et avec le régime ivoirien installé par l’armée française depuis 2011. Jeune Afrique a publié des détails d’un appel téléphonique intercepté entre Ping et un responsable ivoirien, Mamadi Diané, lors duquel les deux hommes ont discuté de comment déstabiliser Ali Bongo après les élections.
  • Diané : « Mon frère, comment va ? »
  • Ping : « Oui, j’ai reçu le papier, on va l’envoyer ».
  • Diané : « Non, non, il y a autre chose, plus important. Il faut que tu réussisses à avoir deux ou trois personnes de la commission électorale qui disent qu’il y a trop de tripatouillages et qui démissionnent. »
  • Ping: « Oui … »
  • Diané : «Tu comprends, ça va mettre la pagaille totale. Si on peut faire ça ce soir, ça va être extraordinaire ».
  • Ping : « OK, merci. »
Le Soudan, la Côte-d’Ivoire, la Libye, la RCA, le Mali et maintenant le Gabon sont les nouveaux laboratoires de l’agressivité d’un capitalisme occidental en crise structurelle. Pourquoi la France qui ne s’est jamais comporté en enfant de chœur devient-elle encore plus agressive en Afrique ? C’est parce que ce continent, qui était considéré depuis le 19ème siècle comme une réserve de matières premières à la disposition exclusive du capitalisme européen a décidé de s’émanciper en s’ouvrant à d’autres partenaires, notamment la Chine et les autres pays émergents. Un véritable crime de lèse colonisateur !

Dans le but de faire main basse sur les ressources africaines, d’empêcher les concurrents d’en profiter et d’endiguer tout véritable développement endogène, l’Occident quadrille progressivement le continent. Deux pays sont en tête de ce nouveau déploiement : la France et les USA qui constituent le nouveau couple anthropophage de fait.

Dans cette nouvelle affaire gabonaise, la France sortira décrédibilisée et son influence politique et économique connaitra un fort recul. Aujourd’hui, dans de nombreuses régions du monde, les Occidentaux apparaissent, non sans raison, comme une menace pour la paix et la stabilité mondiale, tant leurs interventions extérieures créent le chaos partout où elles ont lieu.












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