News

À l’approche des législatives, le bras de fer électoral s’annonce musclé. Pour la presse marocaine, plusieurs coups joués contre le parti islamiste au pouvoir (PJD), dont notamment une manifestation anti-PJD, jouent en sa faveur au lieu de le décrédibiliser.

Ras-le-bol du peuple ou manipulation ? À moins de trois semaines des premières élections législatives organisées par le premier exécutif issu de la nouvelle Constitution de 2011, une marche “spontanée” a été organisée le 18 septembre à Casablanca pour protester contre “l’islamisation de la politique”, et contre Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement et secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD).

“Quel spectacle désolant que de voir les nombreux manifestants venus de différentes villes du Maroc… bégayer devant les micros des journalistes… ou affirmer toute honte bue ne pas savoir pour quelle raison ils protestent !” déplore l’éditorialiste de Yabiladi.

Alors qu’aucune formation officielle ni parti politique n’a revendiqué l’organisation de cette marche, quelques déclarations recueillies lors de ce rassemblement ont laissé entendre que “les participants n’avaient pour la plupart aucune idée précise sur l’objet même de l’événement”, enchaîne Le Desk, qui estime que cette manifestation “révèle la main cachée des autorités dans sa planification, son organisation et son exécution”.

Le ministère de l’Intérieur accusé
Pour sa part, le ministre de la Justice, Mustapha Ramid, membre du PJD, s’est dit écarté de toute décision liée aux élections législatives. Il a exprimé son mécontentement dans un message publié sur son compte Facebook le même jour de la marche, accusant sans le nommer le département du ministre de l’Intérieur, Mohamed Hassad, homme politique indépendant, rapporte Le360 :
Il se passe des choses étranges ! Le ministre de la Justice et des Libertés n’est pas consulté et ne décide de rien dans le cadre de ces élections, ce qui veut dire qu’il ne peut assumer aucune responsabilité en cas de dépassement, dérapage ou médiocrité.”
Pour le site marocain, cette sortie du ministre de la Justice “emprunte délibérément au lexique victimaire cher au PJD.”

Un discours autoritariste
Dans ce contexte ou la tension monte au sein de la classe politique, un discours de tahakoum (autoritarisme ou domination) a été dénoncé à plusieurs reprises par le chef du gouvernement, ainsi que par d’autres acteurs politiques, afin de pointer du doigt une sorte de gouvernance parallèle.

Récemment, ce genre de commentaires a valu au ministre de l’Habitat et secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS), allié au PJD au sein de la coalition gouvernementale, Nabil Benabdellah, un “recadrage ferme” de la part du cabinet royal, qui l’a accusé, le 13 septembre, dans un communiqué “au ton très critique”, de cibler le conseiller du roi Mohamed VI, Fouad Ali Al-Himma, relate TelQuel.

Selon Le Huffpost Maghreb, “le cabinet royal s’attaque aussi au tahakoum popularisé par le chef du gouvernement, et abondamment fustigé par Nabil Benabdellah”.
Cadeau électoral pour le PJD

La campagne électorale débutera officiellement le 24 septembre, soit deux semaines avant le scrutin législatif prévu le 7 octobre. En attendant, le site Yabiladi estime que “la cacophonie de cette marche [marche anti-PJD du 18 septembre] est surtout un signe de fébrilité des forces anti-islamistes, et elle offre au PJD son plus beau cadeau électoral : rejouer la victimisation et l’absoudre de sa responsabilité pour les cinq ans au gouvernement”.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

 
Top