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À six semaines de l’ouverture du sommet onusien sur le climat, les élus de la Ville ocre et le comité de pilotage de l’événement sont sur tous les fronts.
À Marrakech, c’est déjà la course contre la montre. Dans quelques semaines, la ville touristique la plus célèbre du royaume sera le centre du monde. Des dizaines de chefs d’État sont attendus pour la 22e session de la Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP22).
Pour accueillir cette grand-messe de l’écologie, où l’on discutera et décidera de l’avenir de la planète, Marrakech passe sous le signe du « tout vert ». De nombreux chantiers « green friendly » sont en cours de finalisation pour être opérationnels avant l’ouverture de l’événement, le 7 novembre.

Ouverture de Marrakech à des énergies propres

« C’est l’occasion pour le Maroc – et Marrakech – de démontrer sur le terrain sa capacité de traduire en projets concrets ses engagements dans le domaine environnemental », explique Ahmed El Moutassadek, adjoint au maire de Marrakech chargé des affaires écologiques.

Parmi les chantiers les plus attendus par les Marrakchis, la mise en circulation d’un nouveau parc de bus électriques. Quinze véhicules sortis des usines du chinois Yangtse ont embarqué à destination du royaume le 27 août. « La mise en service est prévue au plus tard début octobre, après quelques semaines de tests. Nous sommes en train de finaliser, d’ailleurs, les derniers travaux sur la voie consacrée à ces bus », précise l’adjoint au maire.

Autres changements attendus dans le décor urbain de Marrakech : le renouvellement du parc d’éclairage public des 60 000 points lumineux (dont 10 000 avant la COP), l’introduction d’un service Vélib’ (300 pour un démarrage imminent), ou encore la mise à niveau de 22 jardins pour en faire des parcs écologiques.

Les centres névralgiques de Marrakech se mettent aussi au diapason de l’efficacité énergétique. L’Office national des chemins de fer s’est ainsi engagé à réduire de moitié la facture énergétique de la gare de la ville en installant des panneaux solaires. Et des projets encore plus structurants sont attendus pour bientôt, comme cette station électrique fonctionnant au biogaz extrait de l’ancienne décharge de Marrakech.

Les hôtels font déjà peau neuve

C’est qu’une participation massive est attendue pour ce rendez-vous mondial de l’écologie. « Que ce soit dans la zone bleue, consacrée aux pays et gérée par l’ONU, ou encore dans la zone verte, ouverte aux entreprises et à la société civile, tous les espaces sont aujourd’hui réservés », assure Abdelaâdim El Hafi. Au total, ce sont quelque 160 000 m2 d’espaces d’exposition qui sont prévus lors de cet événement, auquel devraient participer plus de 25 000 personnes. Pour accueillir tout ce beau monde, tous les palaces de Marrakech sont « réquisitionnés » pour la durée de la COP, au grand bonheur des hôteliers.
Les ONG au cœur du dispositif ?

«Si le Maroc n’a pas attendu la COP pour s’inscrire dans une démarche de développement durable, l’événement est une occasion inouïe pour échanger les expertises et étendre notre réseau à l’international. » Ainsi Mehdi Alaoui Mdaghri, président de Planète citoyenne, résume-t-il les enjeux de la COP22. L’ONG qu’il a créée en 2009 organise chaque année deux événements liés à la protection de l’environnement qui ont déjà été labellisés « COP22 ».

L’un d’entre eux, le Morocco Solar Festival, tiendra sa troisième édition à Ouarzazate (devenue capitale de l’énergie solaire au Maroc à travers le projet Noor) trois semaines avant le sommet mondial. « Nous avons bien évidemment profité de l’effet COP pour attirer plusieurs participants qui seront à Marrakech », ajoute Alaoui Mdaghri.

On recense par ailleurs, selon le ministère de l’Environnement, une centaine de projets qui ont reçu le label « COP22 ». Et les réservations de stands sur le site de Bab Ighli s’enchaînent ces dernières semaines pour satisfaire les ONG participantes. Au sein du comité de pilotage de l’événement, tout un pôle est consacré à la société civile. Mais des figures du monde associatif déplorent toujours une certaine marginalisation des associations.

« Il n’y a malheureusement pas de coordination avec les ONG, qui ont besoin de soutien pour contribuer encore plus à la réussite de l’événement », lance Noureddine Ayouch, publicitaire et surtout président-fondateur de la Fondation Zakoura, qui depuis des décennies œuvre dans le domaine de l’éducation.

Avec / Fahd Iraqi
Source : jeuneafrique.com














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