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Née au Liban, et vivant en France, Zeina El Tibi est Docteur en droit public, Chercheur et essayiste, Présidente déléguée de l'Observatoire d’Études Géopolitiques (OEG) de Paris et Présidente de l'Association des femmes arabes dans les médias. Elle a été l’invitée de la conférence de l'Union pour la Méditerranée à Barcelone.

Mme El Tibi a répondu à une interview accordée au journal «El Periódico Internacional» (quotidien espagnol) sur le rôle de la femme pour lutter contre la radicalisation, un phénomène en plein essor auquel nous devons faire face.

La femme se positionne en premier lieu conte la radicalisation en tant qu’épouse, mère, sœur… La femme peut détecter les premiers signes de défections lorsqu’elles se manifestent au sein de sa propre famille ou son entourage. Sa mission est de donner le premier signal d‘alerte. La femme est plus attentive que son mari à ce phénomène puisqu’elle passe plus de temps à s’occuper de ses enfants petits et adolescents. Surtout pour ces derniers qui peuvent être plus prédisposés aux tentatives de radicalisation.

El Periódico : Est-ce qu’il y a une grande méconnaissance au sein de la communauté musulmane sur sa propre religion ?

Dr Zeina El Tibi : Oui. On peut d’ailleurs remarquer que le fondamentalisme et la radicalisation prolifèrent dans le domaine de l’ignorance. La priorité est d’en finir avec cette ignorance que les charlatans extrémistes exploitent. Nous devons détruire le discours des extrémistes pseudo-religieux.

Quel est le remède à cette méconnaissance de l’Islam ?


Il est important de favoriser l’apprentissage du véritable Islam. Le cas du Maroc est un bon exemple, parce que grâce aux efforts du roi, le pays veille à préserver les vraies valeurs de tolérance et de modération. Le Maroc est un exemple important de l’Islam modéré. Et c’est sur ce point que le rôle des femmes prend toute son importance. Au sein de la famille, la femme doit veiller à enseigner aux enfants les vraies valeurs de la religion pour les éloigner de l’extrémisme. Dans la vie sociale et professionnelle, la femme doit faire preuve de vigilance pour combattre les déviations extrémistes, elle représente un élément fondamental pour réaffirmer avec vigueur les vraies valeurs de l’Islam et ne pas succomber aux conceptions rétrogrades du rôle de la femme. Dans l’Islam, les femmes ont des droits et de nombreux exemples en attestent mais beaucoup d’entre-elles ne le savent pas.

D’après vous, pourquoi une femme se radicalise-t-elle ?

Elles le font pour un désir d’autonomie. Elles pensent qu’elles seront autonomes, parce que c’est ce qu’elles ont vu sur internet, que quand elles arriveront pour combattre dans ces pays, elles joueront un rôle important. Ensuite elles se retrouvent mariées de force et elles sont obligées d’avorter. Ce sont là, certaines des atrocités qu’elles subissent. Les femmes sont aussi victimes de l’extrémisme car il y a de plus en plus de milices radicales.

Et pourquoi les jeunes musulmans nés en Europe se radicalisent-ils ?

Il est important de faire connaître aux enfants l’histoire commune qu’ils partagent. Notamment dans le cas du Liban, du Maroc et de la France. Le problème de ces adolescents c’est qu’ils n’ont pas conscience de cette histoire commune. Il est essentiel de soutenir l’éducation religieuse pour qu’ils ne se nourrissent pas seulement de ce qu’ils trouvent sur le internet.

Au-delà du rôle des femmes dans la lutte contre la radicalisation, Est-ce qu’elles peuvent intervenir dans d’autres domaines ?

Oui, mais le chemin est long pour arriver jusque-là. Il est très important de commencer à impliquer les femmes dans les processus de paix. Travailler aux côtés des hommes pour équilibrer la vision des choses et apporter d'autres points de vue beaucoup plus subtiles.

Traduit par Rita Reyes pour Wakeupinfo

Interview de Montse Martínez
Texte original : elperiodico.com/es/


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