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Il est un mot qu’utilisent régulièrement les Marocains, quel que soit le sujet de discussion, « Inchallah » ! Il est le symbole de leur incapacité collective à peser sur leur futur, une expression passe-partout qui leur permet, lorsqu’ils ont épuisé leurs maigres ressources, de s’en remettre en dernier ressort au Bon-Dieu.

Il y a bien quelque chose de désespérément irréformable et immuable celle de la sacro-sainte fainéantise et d’éternels bons à rien. Il est force est de constater que s’il y a quelque chose d’irréformable dans ce pays, il s’agit bien de son élite, gouvernante en particulier. Il règne comme un étrange air de famille entre tous ceux qui se sont succédés aux commandes de la gouvernance au cours des 60 dernières années. Autoritarisme, népotisme, clientélisme : quelle que soit l’époque, ces concepts ont caractérisé toutes les formations, tous les ministères, tous les Parlements et tous les décideurs depuis la fin du Protectorat.

Le Maroc n’est pas en train de changer, et il ne changera pas davantage au cours des prochaines années s’il continue à se donner à ces mêmes décideurs qui, par conviction politique conservatrice ou par manque de courage, l’ont mis dans la situation dans laquelle il est encore aujourd’hui, celle d’un pays corrompu, analphabète, pauvre et en manque d’espoir pour son avenir.

Depuis 5 ans, les responsabilités politiques sont accordées à un parti vierge de toute expérience de pouvoir, le Parti Justice et Développement, qui la partage avec des partis d’obédiences a priori très différentes. Le PJD, arrive encore en tête des législatives 2016, sur la foi d’un programme axé sur la moralisation de la vie politique et la lutte contre la corruption : la fameuse « mouharabat al fassad wal istibdad » qui est largement à l’origine de sa popularité.

Sa politique économique libérale reste entraver, depuis plus d’un demi-siècle, par une dépendance aux grands pays industrialisés et aux institutions financières internationales (FMI, Banque Mondiale, Union Européenne), infatigables promoteurs de la doctrine libérale qui ont pressé le Maroc de s’ouvrir au commerce international sans chercher à atteindre une quelconque forme d’indépendance économique et en réduisant la dépense publique à une peau de chagrin.

Durant cinq longues années encore, les citoyens sont désormais invités à ne compter que sur eux-mêmes s’ils en ont les moyens, et sur le bon Dieu autrement : « Inchallah ».

A. Colin
Texte original Ici




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