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Au moment où le cessez- le- feu au Yémen annoncé par le secrétaire d’État américain John Kerry bat de l’aile, le Président Donald Trump annonce des mesures qui vont bouleverser la donne dans la région du Moyen-Orient et qui remettent en cause le soutien américain à l’Arabie Saoudite dans sa guerre contre le Yémen.

Donald Trump a tenu ses promesses électorales et passe à l’action. Il désigne un nouvel ambassadeur à Sanaa, avec pour mission de mettre fin à la guerre menée par l’Arabie Saoudite avec l’aide de son prédécesseur Barack Obama. Il annonce aussi la fin d'importation du pétrole de l'Arabie Saoudite et des Émirats Arabes Unis et la fin du paiement des frais de la base américaine au Qatar.

Plus d’importation de pétrole d’Arabie saoudite et des Émirats
Les nouvelles mesures annoncées par le Président Trump concernant le Yémen interviennent alors que le cessez-le-feu devant entrer en vigueur à compter du 17 novembre, bat de l’aile. Lequel accord a été conclu à la suite d’un accord entre les parties en conflit au Yémen à Mascate sous les hospices du Sultanat d’Oman et sur l’initiative Secrétaire d’État américain John Kerry, qui a négocié cet accord pour boucler le dossier yéménite avant l’installation de la nouvelle administration américaine.

Mais les tergiversations de Ryad et de son homme de main le président démissionnaire yéménite Abd Rebbo Mansour Hadi, ont fait échouer cet accord. L’Arabie Saoudite tente de faire pression sur le nouveau locataire à la Maison Blanche, tout en sachant que la guerre est bien perdue pour elle et pour Obama. La monarchie wahhabite tente de menacer le nouveau Président américain Donald Trump en le mettant en garde contre les conséquences de la mise à exécution de sa décision exprimée durant sa campagne électorale de stopper l’importation du pétrole de l’étranger pour assurer l’indépendance énergétique des Etats-Unis et de se "libérer" complètement de ses "adversaires", ainsi que des "cartels pétroliers".

Le ministre de l’Energie saoudien et président de la compagnie pétrolière nationale saoudienne, Aramco, Khaled al-Faleh, a demandé, dans une interview publiée par The Financial Times, au nouveau Président élu des Etats-Unis, "de bien réfléchir avant de mettre en œuvre sa promesse électorale de renoncer aux importations de pétrole saoudien". "En son for intérieur, le président élu Donald Trump verra les avantages et je pense que les représentants du secteur pétrolier lui préciseront aussi que bloquer les échanges de n'importe quel produit n’est pas sain", a soutenu Khaled Al-Faleh.

Trump, qui n’est pas du genre à accepter de recevoir de leçons, est entré en action. Il a annoncé dans une interview publiée par le journal The Financial du Canada (Canadian Financial) son intention de cesser d'importer du pétrole de l'Arabie Saoudite et des Émirats Arabes Unis dès l'année 2017. Il a également décidé de stopper le paiement des frais de la base américaine d’une valeur de 2,2 milliards de dollars/an. "Si la mission de cette base est de protéger le pays contre l'Iran, alors c’est au Gouvernement du Qatar de payer pour cette protection", a estime Trump.

Concernant le traitement des dossiers des "conflits chauds du Moyen-Orient", l'équipe en charge par le président élu Donald Trump, a suggéré de changer l'ambassadeur américain à Sanaa, Matthew H. Tueller "pour son implication dans l'aggravation de la situation au Yémen et sa participation à l'élaboration d'un scénario de la guerre sur le Yémen lancé par l'Arabie Saoudite et ses alliés dans le Golfe, avec le soutien l'administration du président Obama, sous le slogan (rétablissement du gouvernement légitime et l'élimination du coup d'Etat présumé, ndlr)", rapporte The Mideast Beast US .

Le président Trump avait déclaré au cours de sa campagne électorale que l’objectif principal de la guerre menée par l'Arabie Saoudite au Yémen avec le soutien de l'Administration Obama, "est de contrôler le pétrole et les richesses du Yémen". Selon le même site, les dossiers des "guerres d'Obama", en Syrie, en Libye, en Irak et au Yémen par l'Arabie Saoudite et sa créature (Daesh), seront "une priorité" au cours des cent premiers jours après son investiture le 20 janvier 2017.

Un nouvel ambassadeur à Sanaa pour mettre fin à la guerre
Parmi les mesures annoncées figure le changement des ambassadeurs "superviseurs des guerres d’Obama et de l'Arabie Saoudite dans ces pays" dont le premier à faire les frais sera celui de Sanaa où le Président Trump va dépêcher dans les prochaines heures, Chris Christie, l’ancien gouverneur du New Jersey, en remplacement, de Matthew H. Tueller, a annoncé Trump à The mideast beast US du jeudi 17 novembre. (Trump Taps Chris Christie as New U.S. Ambassador to Yemen)

"Cette nomination démontre le respect que je porte au gouverneur Christie. Il n'y a pas d'autres que j’envisage à ce poste dans un pays sinistré par la guerre menée par l’Arabie Saoudite, visant le contrôle du pétrole, du gaz et des ressources d'or sur ce territoire." Donald Trump "souhaite que tout le monde travaille avec lui positivement" car il aura dans "son agenda la mise en place en place du cessez-le-feu et les avions disparaîtront du ciel de Sanaa après son arrivée".

Trump avait déploré dans un discours électoral à Washington : "Nous avons fait du Moyen-Orient un endroit plus chaotique qu’avant" ; il vient ainsi de signer ses premiers actes dans la région du Moyen Orient où il a promis de substituer à la stratégie du chaos, celle de la paix, tout en rappelant que sa politique étrangère "placera toujours les intérêts des Américains et la sécurité de l'Amérique avant toute autre chose".

Donald Trump, qui s’est prononcé en faveur d’un désengagement des guerres de cette région mise à feu et à sang par ses prédécesseurs, vient ainsi de passer à l’action, pour effacer les traces de guerres meurtrières, dont celle du Yémen, pays le plus pauvre de la Péninsule arabique, qui a fait plus de 11.000 victimes en 600 jours de guerre, avec des bombes américaines, entre autres. Arrivera-t-il à rendre serein le ciel de Sanaa ? Les ennemis de la paix aussi bien aux États-Unis que dans la région MENA ne vont-ils pas tout faire pour l’empêcher ?

En tout cas, ses projets de paix au Yémen seront certainement accueillis avec soulagement par les Yéménites.

Houria Aït Kaci
lematindz.net/



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