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Un mois après son départ de la direction de la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc (BNRM), Driss Khrouz revient sur ses réalisations et sur l’état de la culture et de l’enseignement au Maroc. Un constat implacable, émanant d’un grand intellectuel, unanimement respecté, qui a contribué à faire de cet établissement un lieu unique au Royaume.

Médias24: Y a-t-il une vie après la BNRM ?


Driss Khrouz : Depuis mon départ en novembre dernier, j’ai retrouvé une vie plus paisible, avec du temps pour faire aboutir des projets personnels que je ne pouvais pas mener à bien auparavant.

La gestion administrative me prenait beaucoup de temps et d’énergie et aujourd’hui, je peux enfin revenir à l’écriture et à la coordination et organisation de colloques et de conférences.

Je vais profiter intellectuellement de mon temps libre, car depuis 1982, je suis impliqué à l’université (vice-doyen, chef de département …) et engagé dans la vie politique à l’USFP.
"Je ne veux plus m’engager dans un milieu universitaire qui a beaucoup régressé"
Avez-vous l’intention de revenir à l’enseignement ?

Même si j’y pense depuis deux ans, j’avoue que je n’ai plus le courage de redevenir enseignant à la faculté. Ce n’est pas l’envie qui me manque, mais je n’ai plus l’énergie pour corriger des examens ou encadrer de manière continue des travaux de recherche.

Mes treize ans à la tête de la BNRM ne m’ont pas altéré, mais je ne veux plus m’engager dans un milieu universitaire qui a beaucoup régressé. Je me suis rendu compte que le niveau est devenu très bas et que les enseignants se sont totalement désengagés de leur mission.

Dans plusieurs universités, on fait désormais semblant d’enseigner. Il y a une régression totale, qui a démarré dans les années 80 et qui ne fait que s’amplifier.
"Le manque de culture générale chez nos enseignants se répercute de facto chez leurs étudiants"
A quoi attribuez-vous ce retour en arrière ?

Certains l’expliquent uniquement par la politique d’arabisation, mais je ne suis pas entièrement d’accord, car un cours d’arabe peut être fait intelligemment. On n’est pas forcé d’obliger les étudiants à apprendre par cœur ou à acheter des polycopiés médiocres.

La vraie cause est le manque de culture générale chez nos enseignants, qui se répercute de facto chez leurs étudiants. Ce phénomène a commencé à la fin des années 60 et l’arabisation n’a été qu’un facteur agrégeant, car elle a été instituée de manière médiocre.

Au lieu de s’inspirer du Liban, qui réalise des publications magnifiques en arabe, au Maroc cette langue a été victime des arabisants qui n’ont pas arabisé, mais orientalisé l’enseignement marocain.

Nous avons supprimé la philosophie, l’épistémologie et toutes les matières qui nourrissent l’esprit critique, pour tout ramener à l’islam, ce qui au final nuit à la langue et à la religion.

Je préfère donc ne pas revenir enseigner à l’université, car je ne suis pas stimulé par cette vague de médiocrité entamée au cycle primaire qui touche désormais la vie universitaire.

Combien de temps faudra-t-il pour revenir à un enseignement de qualité au Maroc ?

Au bas mot, une génération, si ce n’est plus. Il faut commencer par le haut de la pyramide. La réforme doit d’abord toucher les manuels, professeurs, formateurs, inspecteurs d’académie et toutes les structures où les syndicalistes ne doivent plus avoir le dernier mot.

Certains professeurs de l’enseignement supérieur n’ont jamais publié de travail sérieux, ni participé à des colloques internationaux et notre système de promotion est proche de celui d’une "armée mexicaine", selon l'expression consacrée où on avance avec l’ancienneté et non le mérite universitaire.

De plus, l’expertise a pris le pas sur l’académisme et la culture générale, qui sont devenus méprisés. Je ne vois pas comment on pourrait enseigner les mathématiques ou même l’éducation religieuse, sans que les professeurs n’apprennent d’abord l’histoire, la philosophie et la géographie universelle.

C’est par l’apprentissage de concepts qu’on finira par faire comprendre de manière intelligente à notre jeunesse ce que sont le Maroc, l’arabité, l’islam, l’amazighité, la monarchie, le judaïsme ….
"La démagogie et le dogmatisme ont remplacé l’intelligence, l’esprit critique et l’autonomie"
A vous entendre, c’est loin d’être gagné...

Au lieu d’avancer, nous n’avons cessé de reculer, car la démagogie et le dogmatisme ont remplacé l’intelligence, l’esprit critique et l’autonomie.
Tout cela malgré le chantier royal de redonner à l’Éducation nationale la place qu'elle mérite ?

La volonté royale décide des principes et des stratégies d’orientation, mais le gap est encore immense, car elle doit encore être traduite sur le terrain par des actions, des programmes et des politiques.

L’enseignement est un système très complexe, qui a commencé à être cassé à partir de 1963. Cette dynamique a entraîné une catastrophe éducative et même si L’État a compris qu’il fallait y remédier, entretemps, la société s’est retraditionnalisée et la majorité des Marocains se sont refermés sur eux-mêmes.

Comment expliquer ce repli identitaire ?
Il y a la mondialisation et les agressions islamophobes, mais il y a aussi la banalisation de la communication, où tout le monde est au courant de tout, sans avoir les moyens de comprendre.

Les Marocains qui se sentent agressés se sont agrippés à une bouée de sauvetage qu’ils appellent identité arabo-islamique ou berbéro-islamique. C’est une sorte de déformation identitaire agressive, où les gens s’inventent des cultures négatives contre les autres et pas avec le reste du monde.
Ce phénomène s’est-il accéléré avec l’arrivée au gouvernement du PJD en 2011?

Ce parti n’est qu’un épiphénomène, car s’il n’était pas là, le Maroc pourrait faire face à bien pire comme les jihadistes révoltés ou l’internationale wahhabite. Je pense sincèrement que si les choses n’étaient pas encadrées par le Roi, on serait déjà dans la guerre des religions qu’Huntington appelait le choc des civilisations.

Finalement, le PJD exprime un état de la société marocaine qui a été travaillée pendant des décennies par des courants extrémistes. Nous vivons ce que l’Egypte a connu dans les années 20, c'est-à-dire l’appropriation et l’instrumentalisation de la religion à des fins politiques.

Que pensez-vous du manuel d’éducation islamique présentant la philosophie comme diabolique ?

Ayant travaillé sur la réforme des curricula des manuels scolaires entre 2001 et 2002 pour les rendre plus intelligents et compatibles avec la personnalité marocaine pluri-linguiste et ouverte, je me suis rendu compte qu’il y avait dans le corps professoral des gens totalement rétrogrades.

Pour eux, la philosophie, c’est l’anti-musulman, l’esprit critique est l’anti-Dieu, la sociologie c'est la démence, l’éducation sexuelle la dépravation. Et dire qu’il n’y a pas de vérité, c'est de l’athéisme.

Pour faire court, laïcité, sécularisation, liberté et démocratie sont considérés comme antireligieux.

L’ignorance est donc très prégnante chez nos relais, même si ce n’est pas propre à ce ministère. Ce n’est pas un hasard si nous n’arrivons pas à réformer la justice ou certains relais de gouvernance.

Hormis celà, il y a aussi des intérêts catégoriels cachés, sous couvert de partis ou de syndicats. On a beaucoup de mal à revenir aux valeurs universelles, car on islamise toutes les matières. Quand je dirigeais le cabinet du ministre de l’Education nationale (Habib El Malki) et que nous avons réintroduit la philosophie et la sociologie universelle, nous avons été traités d’athées dans plusieurs mosquées.

Les sciences sociales sont donc l’ennemi absolu des ultraconservateurs religieux ?

Si on leur dit Marx, Freud, Ricardo, Weber, Bourdieu ou Morin, ils réduisent ces penseurs à leur judaïté de naissance, ce n’est plus de l’enseignement, mais du racisme pur et de la haine religieuse.

C’est la raison pour laquelle les manuels scolaires sont devenus un enjeu de valeurs et non plus de science. Nous ne sommes plus dans une approche scientifique positive, mais clairement identitaire.

Malgré la réforme entreprise depuis 15 ans, le phénomène s’est aggravé, avec un circuit pédagogique qui continue de faire les frais des poches de résistance.
"Dans l'école marocaine, ce n'est pas le malékisme qui était enseigné, mais le hanbalisme" 
Qui peut être tenu pour responsable de cet échec ?

Le système tout simplement. En 2002, nous avions fait une étude sur l’enseignement religieux et on s’est rendu compte que ce n’était pas le sunnisme malékite qui était enseigné dans les manuels scolaires mais plutôt le hanbalisme, c'est-à-dire une religion de vengeance.

Ceci s’explique par le fait que les premiers enseignants d’éducation islamique et de langue arabe étaient des frères musulmans importés d’Egypte, de Syrie, de Palestine et d’Irak qui ont formé des générations de formateurs et de jeunes. Le système s’est donc auto-reproduit jusqu’à aujourd’hui.

Les nombreuses réformes qui n’ont pas imposé des procédures avec des principes se sont avérées être du simple vernis. Je vais vous citer deux exemples que j’ai personnellement vécus à l’EN.

Quand on voit un professeur de mathématiques qui intègre dans son cours des chants religieux, en prétendant préparer le terrain à un bon apprentissage de cette matière, on tombe des nues. Ailleurs, un directeur d’école a imposé de placer les filles à gauche et les garçons à droite de la salle de classe. Interrogé, il m’a répondu que son choix était dicté par les familles des élèves et par le fait que le prophète était un homme et que la gauche était impure en islam.

Cette culture aux conséquences graves est loin d’avoir disparu. Alors comment changer le système, si on ne change pas d’abord la culture des enseignants ? La mission d’enseignant a donc été dévoyée par des calculs idéologiques ou matériels ?

Je crois sincèrement que ce rouage essentiel de l’éducation ne travaille plus par vocation, mais par carriérisme et que ce phénomène a cassé la qualité de l’EN et de l’enseignement supérieur.

Votre déception ne vient-elle pas du fait que vous êtes marqué à gauche ?

Je suis en effet toujours membre de l’USFP, mais je n’ai jamais été panarabiste, panamazigh ou panislamiste. J’ai toujours été habité par les sciences sociales et religieuses, mais j’assume publiquement ma laïcité, mon pluralisme et mon ouverture sur le monde.

Après avoir été enseignant et membre du cabinet du ministre de l’EN, vous êtes nommé à la tête de la BNRM ?

J’ai effectivement pris mes fonctions après avoir été nommé par dahir royal en septembre 2003. Mon ami Ahmed Tawfik, qui dirigeait la bibliothèque générale et d’archives (BGA, ancêtre de la BNM) m’avait proposé en 1998 son poste, mais j’ai refusé, car cet établissement n’avait à l’époque pas de moyens.

Cinq ans après, j’ai décidé d’accepter de prendre les rênes de la nouvelle bibliothèque nationale.

Qu’avez-vous fait entre votre nomination et la livraison de la BNRM en 2008 ?


J’ai accompagné les architectes sur le chantier qui a démarré en 2004 et qui s'est terminé avec l'inauguration royale en octobre 2008. Dans le même temps, j’ai entamé la réforme de la bibliothèque sur le plan de la gouvernance (formation des ressources humaines, budget de fonctionnement, charte documentaire, manuels de procédures …).

Ce travail a été facilité par mes amitiés avec le président de la bibliothèque nationale de France (BNF), avec le PSOE, qui m’a ouvert les portes du patrimoine espagnol et avec la coopération belge. Ces institutions m’ont beaucoup aidé pour préparer le déménagement à travers des benchmarkings.

Je ne vous cache pas que ça a été compliqué, car à l’époque, il n’y avait pas de vrai inventaire, d’informatisation ou de para-logiciel de gestion des stocks.
Dans quel état étaient les stocks de la BGA ?

La bibliothèque générale n’avait aucun moyen (1 million de dirhams de budget annuel) et son personnel qui dépendait du ministère de la Culture, n’était soumis à aucun contrôle.

Les journaux qui arrivaient s’entassaient sur les rayons de livres occasionnant plusieurs effondrements. Les agents qui géraient les collections n’avaient aucune formation et les cadres ne voulaient pas travailler. Lors du déménagement, nous avons d’ailleurs trouvé des tonnes de journaux sur des livres historiques.
"De nombreux manuscrits et livres historiques uniques ont été irrémédiablement abîmés ou pillés"
La BGA a donc perdu ou abîmé des œuvres majeures ?

Malheureusement oui, car de nombreux manuscrits et livres historiques uniques ont été irrémédiablement abîmés ou pillés. Certaines personnalités comme des directeurs d’administration ou des professeurs d’université se servaient pour enrichir leurs bibliothèques personnelles, mais jai fait le nécessaire pour récupérer ce qui a pu l’être.

La bonne nouvelle est que depuis 2010, la BNRM reçoit de nombreuses donations posthumes de la part de grands collectionneurs comme Larbi Messari, Azzeddine Laraki, Mohamed Guessous, Edmond Amran El Maleh, Abraham Serfaty …. La BNRM appose un cachet sur les œuvres offertes et spécifie le nom des donateurs sur ses catalogues. Leurs familles peuvent visiter les espaces dédiés à ces collections privées qui sont conservées dans des conditions très particulières (climatisation, déshumidification …).

Ce phénomène est nouveau au Maroc, car la tradition voulait que les donations de main morte se fassent aux Habous.

Grâce à cette mobilisation inédite, des milliers de livres comparables à ceux qui ont été pillés ont atterri dans nos réserves. Cela veut dire que le sérieux paie et que la confiance est désormais au rendez-vous.

Avez-vous un conservateur comme cela se fait dans les musées ?


Absolument, car nous nous conformons aux normes internationales en termes de conservation de collections. Les œuvres rares et fragiles non consultables physiquement sont néanmoins numérisées.

J’ai interdit leur consultation directe sauf accord explicite du chef de pôle et du directeur pour les chercheurs de haut niveau. Nous avons numérisé 4 millions de pages, dont de nombreux manuscrits et hormis 19.000 volumes rares, nous partageons le reste avec le grand public, d’ici ou d’ailleurs.
Où se fait la restauration des ouvrages abîmés ?

Sur place, où nous disposons d’une équipe d'une quinzaine de personnes spécialisées dans ce type de travaux. Notre atelier de niveau mondial croule sous les demandes de pays comme le Koweït, l’Égypte, l’Arabie Saoudite ou le Qatar. Pour contenter tout le monde, il nous faudrait au moins une dizaine de laboratoires de ce genre.

C’est grâce à la coopération allemande que nous avons pu former nos techniciens et cadres de restauration et acquérir du matériel de pointe dédié. Nous venons d’ailleurs de signer un accord avec des partenaires japonais pour obtenir 10 millions de dirhams de matériel de numérisation.

Nous disposons aussi de nombreux para-logiciels de pointe, pour stocker nos collections sur le cloud.

La BNRM est devenue une bibliothèque sans mur et libre d’accès à distance. Hormis les livres, elle regorge de milliers de cartes postales d’époque, de plans de villes, de médailles et de photos.
En 13 ans, avez-vous eu le temps de mener à terme tous vos chantiers ?
Beaucoup de choses ont été accomplies, mais les plus importantes sont la mise en œuvre de règles de gouvernance, sur lesquelles on ne pourra plus revenir. Un travail formidable a été accompli sur la formation des ressources humaines, la coopération internationale et la mise à disposition pour tous de notre patrimoine culturel.

La BNRM est devenu un rendez-vous incontournable de la vie culturelle au Maroc ?

Elle organise 300 activités par an, dont de nombreux colloques ou rétrospectives sur des pans de notre histoire ou de notre culture. 50% des activités sont propres à la BNRM, 25% sont des locations dans le cadre de la ligne éditoriale de la bibliothèque (respect de la différence, de la liberté, du dialogue …). Tous les sujets complexes (liberté sexuelle, intégrisme, amazigh, démocratie …) sont abordés et il n’y a jamais eu le moindre incident.

Le reste des activités concerne des partenariats avec de grandes institutions et des ambassades, qui ramènent des grands intellectuels comme Edgar Morin ou même des prix Nobel.

Les trois derniers événements ont mobilisé environ 6.000 personnes, dont 80% d’élèves et d’étudiants. Nous sommes optimistes, car les jeunes s’intéressent aux débats qui sont souvent pointus. Personne n’agresse personne et on arrive à dépasser les problèmes de langue ou d’instrumentalisation.
"La BNRM est un lieu voulu et protégé à distance par Sa Majesté"
C’est donc un îlot de tolérance dans un Maroc qui fait face à certaines dérives ?

Il n’y a jamais eu de dérapages, car c’est un endroit voulu et protégé à distance par Sa Majesté. Même les membres du conseil d’administration n’ont jamais interféré dans notre programmation.

Qui est le vrai patron de la BNRM ?

Comme tout établissement public, la BNRM est présidée par le chef du gouvernement, qui délègue son mandat au ministre de la Culture. Ce dernier siège aux côtés des départements des Finances, de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur, mais personne ne nous imposait des décisions.

Je respectais les textes à la lettre, car même si je suis un homme de gauche qui défend une vision ouverte de la société, la BNRM appartient à tous les Marocains et pas à un clan. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai toujours refusé d’accueillir des activités partisanes en son sein.
La gauche a pourtant toujours été plus dynamique pour promouvoir la culture?

Une partie d’entre elle, certainement, mais c’est la gauche d’idées et non d’appareils partisans.

Je vous confirme que la droite marocaine déteste la culture, car elle représente le levier de la liberté individuelle et de la démocratie. Malheureusement, elle persiste à vouloir emprisonner l’individu dans le communautarisme familial, religieux, alors que la clé de la culture, c’est avant tout le citoyen.

Où en est la nomination de votre successeur ?
Ma fonction s’est terminée en septembre dernier, mais j’ai accepté d’assurer un intérim supplémentaire de trois mois jusqu’à fin novembre. Vu la difficulté de constituer un nouveau gouvernement, j’ai passé la main, car je pense que mon successeur ne sera pas nommé avant longtemps. Il y a cependant un intérim qui gère les affaires courantes.

Ne sera-t-il pas manipulable du fait de sa désormais nomination par le chef du gouvernement?

La Constitution de 2011 a changé les règles du jeu et ce n’est plus le Roi qui le nomme par dahir. Personnellement, je trouve qu’il est dommage que la BNRM ne relève pas du seul ressort du Souverain, qui est au dessus des débats. C’est une belle institution, qui doit rester à l’écart des enjeux partisans. La pire des choses qui pourrait lui arriver est de s’orienter vers une instrumentalisation politique.

Que devra accomplir votre successeur pour perpétuer votre travail ?

Je n’ai aucune leçon à donner, car le succès de la BNRM est celui d’une équipe et pas le mien. Je pense cependant qu’il devra s’attaquer au problème de la superficie, qui devient trop petite pour les espaces de lecture et de stockage.

Le problème est qu’elle fait office de bibliothèque publique, municipale, régionale et universitaire. Il est scandaleux qu’il n’y ait pas 3 ou 4 édifices de ce genre à Rabat. J’ai fait part de ce problème lors de mon dernier conseil d’administration et j’espère que le chef du gouvernement lit les documents que nous lui envoyons.

Heureusement que le Roi a lancé un projet de bibliothèque privée sur les berges du Bouregreg.

Le salut passera donc par des initiatives du secteur privé ?

Oui, mais les régions, les communes et les universités doivent aussi prendre leurs responsabilités. Il est inadmissible que les grandes écoles et universités ne disposent pas en leur sein de bibliothèques avec des collections d’ouvrages qu’elles sont censées enseigner.
J’espère sincèrement que le prochain gouvernement s’attaquera à ce problème.
Source : medias24.com/










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