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Nous avons des enseignants d’éducation islamique qui expliquent à nos enfants que la philosophie est le fait d’une bande d’impies et de mécréants. Ils disent à nos enfants que la place de la femme est à la maison, derrière les fourneaux, à allaiter les bébés, faire la vaisselle et le linge.

S’il y a un vœu que l’on peut adresser aux Marocains, en cette fin d’année, c’est d’avoir la meilleure éducation pour leurs enfants. Et de retoucher les programmes scolaires si possible…

Prenez un enfant de cinq, six, sept ans. Un bébé ou presque. On lui décrit les flammes de l’enfer, le châtiment de la tombe, les techniques islamiques pour le lavage des morts. On lui demande d’obéir, d’apprendre sans comprendre, sans poser de question. On lui apprend à se taire quand il ne sait pas, ne comprend pas. On ne lui explique rien mais on lui bourre le crâne de choses inutiles, bourratives, parfois dangereuses, qui ne sont absolument pas de son âge.

Et on oublie, bien sûr, d’éveiller son intelligence, sa conscience. On oublie de lui apprendre à respecter la différence, à dire bonjour, à être poli.

J’ai demandé au gamin de huit ans, qui se tenait en face de moi: «Qu’as-tu appris aujourd’hui à l’école?». Lui: «Je te dis tout?». Moi: «Dis-moi simplement ce que tu as appris de nouveau, que tu ne savais pas». Le gamin a rougi: «Le maitre nous a appris comment laver le sexe d’un musulman mort».

Bravo à ce maitre!
Qu’est-ce qu’un gamin gagnerait à apprendre les techniques de lavage des morts selon le rituel musulman? Quel intérêt? Comment ce gamin peut-il réceptionner un tel «apprentissage», lui qui ne sait encore rien de la vie, de la physiologie, de l’anatomie humaine.

Je plains ce gamin. Je plains ce «maitre». Je plains cette école et cette société qui, sous le prétexte de fabriquer un bon musulman, produisent des enfants et des futurs adultes sans culture, sans sens civique, sans esprit critique.

Un jour, il faudra briser les tabous qui entourent l’éducation islamique (aujourd’hui on dit religieuse). C’est absolument nécessaire. Il faut débattre du contenu de cette matière obligatoire dans tous les programmes scolaires. Il faut aussi demander des comptes.

Nous avons des enseignants d’éducation islamique qui expliquent à nos enfants que la philosophie est le fait d’une bande d’impies et de mécréants, rien d’autre. Ils disent à nos enfants que la place de la femme est à la maison, derrière les fourneaux, à allaiter les bébés, faire la vaisselle et le linge.

Il faut rappeler que, jusqu’aux années 70-80, nos enfants avaient le droit à un enseignement aujourd’hui disparu: l’éducation civique. On expliquait aux enfants ce qu’est un pays, une nation, une institution, une loi, un droit. Cette matière pourtant indispensable a été progressivement abandonnée.

L’idée, avant, c’était: formons de bons musulmans et (surtout) de bons citoyens. Aujourd’hui, l’école se borne à former des soi disant bons musulmans. Elle laisse à la rue et au hasard le soin de former de bons citoyens.

Pour finir sur une note optimiste, il faut saluer les enseignants de philosophie qui ont organisé plusieurs manifestations pour protester contre le contenu de ces manuels d’éducation islamique. Mais il faut que les parents d’élèves en fassent de même. Malgré toutes les réformes promises et attendues, certains passages de ces manuels enseignent à nos gamins tout sauf l’ouverture d’esprit, la tolérance, le respect de la différence, l’amour de son prochain.

Bonne fin d’année à toutes et à tous.
Par Karim Boukhari
Le360.ma

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