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Emmanuel Macron, ministre sortant du président Hollande, a mené sous l’autorité de ce dernier la politique du « système » qu’il prétend combattre aujourd’hui.

Cet apparatchik de la finance capitaliste, non seulement, il ne combat aucun système, mais il en est l’incarnation au même titre que François Fillon. À l’instar de ce dernier, parti en Allemagne pour se donner une stature de président, l’ex-ministre de Hollande a entamé une tournée au Proche-Orient dans le même but.

Un homme qui n’est pas au service du peuple ça se voit, mais surtout ça s’entend. À peine arrivé à la première étape de son déplacement, le Liban, l’ancien locataire de Bercy s’est empressé de donner des gages d’allégeance au criminel de guerre Netanyahou, chef d’un gouvernement d’extrême droite.

Le journal Le monde rapporte qu’il a déclaré, lors d’une conférence à l’école supérieure des affaires (ESA) de Beyrouth : « Le boycott d’Israël a été condamné par la France et il n’est pas question de revenir là-dessus. »

Ce que l’ex-banquier ne précise pas, c’est que ce n’est pas la France mais un arrêt de la cours de Cassation, en 2015, qui a décidé que le mot d’ordre de boycott serait illégal. À l’époque, des juristes avaient estimé que cette décision contrevenait à la liberté d’expression. Mais de ça, Macron n’en a cure.
En homme du « système », M. Macron, pour ne pas irriter Netanyahou et son extrême droite, va jusqu’à refuser de s’exprimer sur l’idée même d’un État palestinien.
Depuis plus de 70 ans, l’État hébreu s’assoit sur le droit international avec arrogance, et depuis une dizaine d’années, il a accéléré sa politique de colonisation et d’épuration ethnique avec la même morgue qu’affichaient, en leur temps, les dirigeants Serbes de l’ex-Yougoslavie.

Cette allégeance nauséabonde, Macron la proclame à partir d’un pays arabe, ce qui montre bien le mépris qu’il a des peuples de cette région mise à feu et à sang par les administrations américaines successives.

Mais en réalité, au-delà de cette allégeance sioniste, c’est un message envoyé au nouveau président Donald Trump pour signifier que lui, une fois président, il sera un allié au moins aussi fidèle que la très conservatrice ministre du Royaume-Uni Theresa May ou que ne l’a été l’ancien ministre travailliste Tony Blair.

On voit bien que M. Macron, ancien banquier d’affaires avant de devenir ministre de M. Hollande, prend bien soin de se tailler un costume d’homme politique du « système ». Mais peut-être que le « syndrome de Blair », c’est-à-dire le désir de jouer le rôle du caniche de la Maison Blanche, ne l’ait tout simplement atteint, comme il avait atteint Sarkozy, mais avec les talonnettes en moins.

Cependant, Macron n’est pas le seul dans la course à l’allégeance. Très récemment, la présidente du F-Haine, elle aussi anti « système », s’était engouffrée dans la tour Trump.

Mais le service de communication du nouveau président américain n’a visiblement pas daigné répondre à une discrète demande pour une ostentatoire entrevue. Comme quoi, les gens du System-Act se comportent plus souvent comme des chiens qui se reniflent sans s’adresser la parole. Macron fait partie de ces gens-là… ou plutôt de ce système-là.

Haytam Andaloussy
 
Écrivain, auteur de plusieurs ouvrages dont le dernier paru en janvier 2017 : «Les contes du Crétacé» édité chez Edilivre.com /  Prix 13€50


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