News

Dr Zeina el Tibi, présidente déléguée de l’Observatoire d’études géopolitiques de Paris, a participé à une conférence sur l’ État des lieux des droits des femmes en Méditerranée, organisée le 7 mars 2017 au Parlement européen à Bruxelles par le Groupe PPE.

Mme el Tibi a présenté une communication sur « L’évolution et l’influence de la femme dans les sociétés du sud de la Méditerranée ». Elle a notamment affirmé qu’il ne faut pas faire porter à la religion musulmane la responsabilité de déviances idéologiques ou à de situations géopolitiques désastreuses.

Elle a déclaré :
« Il est notable que beaucoup de pays arabes du sud de la Méditerranée connaissent des bouleversements importants depuis les prétendus printemps arabes de 2011 : Tunisie, Égypte, Libye, sans compter la guerre civile en Syrie. D’autres pays sont dans des situations d’attente, lourdes de toutes sortes de menaces: c’est le cas de l’Algérie qui reste une marmite qui bouillonne. Le Liban demeure prisonnier d’événements régionaux sur lesquels il n’a aucune influence. Et que dire de la Palestine dont le sort semble figé ?

Les évolutions concernent naturellement toute la société, mais plus particulièrement les femmes. La condition de la femme est l’un des enjeux de ces situations. À vrai dire, il y a quelques pays où l’évolution est positive. A cet égard, peut prendre l’exemple du Maroc.

Au Maroc les choses évoluent parce qu’il y a une volonté politique qui fixe un cap. Le roi Mohammed VI a placé la question de la femme au cœur des enjeux fondamentaux de la modernisation.

L’étape essentielle a été la réforme du Code de la famille, la Moudawana, le 3 février 2004. Parmi les points les plus importants, il faut signaler le relèvement de l'âge du mariage des filles de 15 à 18 ans, les obstacles mis à la polygamie (la rendant quasi impossible), le divorce judiciaire en lieu et place de la répudiation et le partage des biens en cas de divorce. Plusieurs mesures vont ainsi dans le sens de l'égalité de l'homme et de la femme. La famille est désormais placée sous la « responsabilité conjointe des deux époux » et non plus sous celle du seul mari.

On sait que cette réforme a été imposée par Mohammed VI. Le Roi a adopté une démarche d’ijtihâd afin de faire prévaloir une vision moderne remplaçant les concepts restreignant la dignité de la femme. Il est notable que le Roi a dû vaincre bien des réticences des milieux conservateurs, y compris dans les partis politiques. Mais, dans ce dossier, il a démontré la force de la volonté politique.

La 2ème étape a été la place des femmes en politique et dans les affaires publiques. Le Roi a favorisé l’accès des femmes aux plus hauts postes dans l’administration et les établissements publics. Même le champ religieux a été touché puisque des femmes siègent dans les Conseils des oulémas.

Enfin, le principe de l’égalité et les moyens de l’assurer figurent dans la constitution adoptée en 2011.

Voici donc un pays qui avance. Mais dans les autres pays, la situation de la femme est plus préoccupante. »
Dans sa conclusion, Mme Zeina el Tibi a précisé :
« Il en est de la condition féminine dans les pays du sud de la Méditerranée comme de l’ensemble des autres questions de société. L’action de l’État est essentielle. Il faut un État fort, légitime ; un État de droit faisant consensus. Nous voyons bien que chaque fois qu’il y a eu une volonté d’évolution positive des choix courageux, des politiques ambitieuses, les progrès ont été réels et rapides. C’est le cas au Maroc grâce à l’engagement du Roi. »
Par ailleurs, Mme Zeina el Tibi et Dr Charles Saint-Prot, directeur général de l’Observatoire d’études géopolitiques, rencontrent des parlementaires européens, des experts de la Commission européenne et des personnalités belges pour des entretiens sur la situation générale au sud de la Méditerranée et en Afrique.






0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

 
Top