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Sans tambours ni trompettes, l’Algérie a fêté, le 2 mars, les 80 ans du président invisible Abdelaziz Bouteflika. « Boutef », comme l'appellent familièrement les algériens, est né le 2 mars 1937 à Oujda (Maroc) d'une famille originaire de Tlemcen.

« Le président Abdelaziz Bouteflika va bien », affirmait il y a encore quelques jours Djamel Ould Abbès le secrétaire général du FLN, le parti au pouvoir en Algérie. Rassurant ? Pas vraiment ! Au pouvoir depuis 1999, ce vétéran de la guerre d'indépendance est confronté depuis une dizaine d'années à des ennuis de santé qui l'ont contraint à de longues périodes d'hospitalisation à l'étranger. « Staline est mort, qui va aller le lui dire ? » dit une plaisanterie russe, adoptée ces jours-ci chez de nombreux Algériens.

Les ambassades occidentales à Alger ne savent plus à quel saint se vouer devant une telle situation que peu de pays ont connu. Les périls de toutes sortes menacent ce pays et nul ne peut prédire de quoi demain sera fait en cas de disparition brutale du président-fantôme. La conjugaison des crises sociales et économique et la banqueroute annoncée de l’état algérien ne concourent pas non plus à donner une visibilité sur le court terme et tout porte à croire, selon les observateurs les plus optimistes, que le pire est à craindre. Un scénario-catastrophe que le clan du président refuse d’envisager.

Les spéculations ont été relancées de plus belle avec l'annulation à la dernière minute de la visite prévue le 20 février à Alger de la chancelière allemande Angela Merkel. « Le président ne s'est pas adressé directement aux Algériens depuis 2012. Aucun Algérien ne peut croire qu'il n'y a pas une vacance de pouvoir », estime Ahmed Adhimi, professeur en sciences politiques à l'université d'Alger. Il fait allusion à un discours prononcé le 8 mai 2012 à Sétif dans lequel Abdelaziz Bouteflika laissait entendre qu'il allait renoncer au pouvoir au terme de son troisième mandat en 2014. « Pour ma génération, les carottes sont cuites », avait martelé en arabe le président devant une salle bondée de jeunes gens. Mais contre toute attente, il a ensuite rempilé pour un quatrième quinquennat, qu'il a remporté haut la main.

Que dit la Constitution ?
En théorie selon l'article 102 de la Constitution « lorsque le président de la République, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l'impossibilité totale d'exercer ses fonctions, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit, et après avoir vérifié la réalité de cet empêchement par tous moyens appropriés, propose, à l'unanimité, au Parlement de déclarer l'état d'empêchement ». C'est donc le président du Sénat qui doit assurer l'intérim le temps d'organiser un scrutin présidentiel. Mais encore faut-il trouver une personne pour faire ce diagnostic...

Avec presse





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