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L’événement de la semaine est le choix d’Alger de ne pas recevoir Angela Merkel pour cause d’incapacité présidentielle à la rencontrer. Une myopie stratégique qui laisse sans voix. Il y a, en dehors de l’Union Européenne, des dizaines de pays dans le monde qui souhaiteraient recevoir la visite de Mme Merkel.

L’Allemagne dégage un excédent astronomique de sa balance commerciale. 297 milliards de dollars en 2016, ce qui lui a permis de passer devant la Chine (245 milliards de dollars). Le reproche lui en est déjà fait dans son périmètre européen. Il s’est étendu et s’est musclé outre Atlantique avec l’Amérique de Trump.

L’Algérie est exactement dans la même posture vis à vis de l’Allemagne que la majorité des pays du monde. Elle participe pour environ 8 milliards de dollars à cet excédent géant de l’Allemagne. Berlin est le quatrième fournisseur de l’Algérie et ne figure pas dans le top dix de ses clients. C’est dire s’il existait un agenda important à discuter avec la chancelière allemande à Alger la semaine dernière.

La frontière fermée contre qui ?
L’autre événement de la semaine économique est lié au premier. C’est même son reflet instantané. L’Algérie reporte l’UMA, le Maroc va voir ailleurs. La demande officielle du Maroc pour intégrer la CEDEAO est un séisme géopolitique. Le Roi Mohamed VI avait déjà prononcé, entre les lignes, l’oraison funèbre de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) le mois dernier lors de son discours de retour au sein de l’enceinte de l’Union Africaine. Il enfonce le clou du cercueil en faisant œuvre de candidature pour rejoindre un autre espace économique régional, la CEDEAO, qui regroupe 15 pays de l’Afrique de l’Ouest.

L’Algérie qui pensait confiner le Maroc en maintenant sa frontière terrestre fermée, c’est elle qui se retrouve enfermée alors que le Maroc a développé pour ses entreprises (et donc pour sa diplomatie) un hinterland africain qui retentit comme un salut, à l’heure où la croissance quasi-nulle est devenue une ADN européenne.

Qui à Alger pour opérer cette mise à jour ? Abdelaziz Bouteflika ? Il incarne, à son corps défendant, l’immobilité parfaite de la pensée et de l’action, qui fait que l’Algérie renvoie Merkel dans son avion et le Maroc vers la lointaine Afrique de l’Ouest.

Source : maghrebemergent.info/

Photo
La chancelière Angela Merkel et le président Abdelaziz Bouteflika, le 8 décembre 2010 (dr)










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