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Le Petit Prince a forcé la chance à force de volonté. Saura-t-il maintenant relire Machiavel jusqu’au bout pour conforter sa conquête spectaculaire en pouvoir pérenne ?

Les Français n’ont pas fait de « grosses bêtises » Et Emmanuel Hollande s’est transformé en Emmanuel Mitterrand. En se présentant, seul, avec une bande son beethovenienne, pour rendre hommage au pied de la pyramide à celui qu’on appelait le Sphinx, le Petit Prince s’est métamorphosé en pharaon.

Et en statue
Tétanisé, le marcheur avait commencé par un premier discours statique. Pour effacer l’autocongratulation du premier tour et sa "rotondade", il a choisi une soporifique sobriété et une lugubre gravité. Le plus jeune président de tous les temps de la France a donc déjà pris un sacré coup de vieux. Mais il a de bonnes raisons de se faire des cheveux blancs, vu tout ce qui l'attend…

Emmanuel Macron doit maintenant continuer à agir en Emmanuel Mitterrand pour survivre. Et ne pas se contenter des postures hiératiques de l’homme du Panthéon, mais appliquer le cynisme philosophique de celui qu’on surnommait « Le Florentin ». Comme Mitterrand, le nouveau président fréquente Machiavel. Il lui a même dédié un mémoire en DEA de philosophie à Nanterre… Et quand on regarde l’accession de Macron au pouvoir on est frappé par son application pratique de l’enseignement du penseur toscan... On espère pour lui qu’il continuera à suivre cette philosophie politique. Le Prince est bien un guide de survie pour un Petit Prince devenu président.


La chance du débutant
Pour Machiavel, la chance (la fortuna) explique la moitié des succès en politique : « la fortune se présente suivant les cas, comme contingence aveugle ou comme occasion propice à l'initiative courageuse » résument ses modernes exégètes. Macron a su saisir courageusement sa chance qui le lui a bien a rendu.

Tous ses concurrents les plus dangereux sont tombés comme des dominos. Juppé, son principal challenger de centre gauche, s’est fait exploser par Fillon. Hollande, son mentor de gauche soc-dem a jeté l’éponge avant le combat. Valls, son principal rival de centre gauche soc-lib, a été terrassé par Hamon avant de se soumettre au Petit Prince. Au centre Bayrou a eu la lucidité d’adouber ce disciple qu’il avait commencé par mépriser. Et Macron a eu l’intelligence de l’associer.

Puis à droite, Fillon a été blacklisté par les affaires.
A gauche, Hamon a été siphonné par Mélenchon.

Macron a réussi de surcroit à faire campagne sans agresser ses adversaires outre mesure et sans lancer de coups bas : “La médisance irrite les hommes et ne les corrige pas.” disait Machiavel….

Et hop, le voilà vainqueur du premier tour
Au second, alors qu’il commençait un entre deux tours de la plus calamiteuse des manières, il a bénéficié de la rediabolisation express de sa concurrente FN en plein débat. Et il a su alors faire preuve une nouvelle fois de virtù (à ne pas confondre avec la vertu, il s'agit ici de la force de la volonté) , en transformant sa fortuna en opportunité avec courage et aplomb. Car comme l’enseigne Machiavel “Le hasard gouverne un peu plus de la moitié de nos actions, et nous dirigeons le reste”. Et si sa virtù s’impose sans nouvelle maladresse, alors la fortuna pourrait continuer à lui sourire.

Par Eric Le Braz










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