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Ah, ces archives que je retrouve et que je remets en ordre me ramènent à une autre vie ! Mes correspondances avec les Raymond Aron, Michel Jobert, Mehdi El Manjra, Senghor, Arkoun, J-P Péroncel Hugoz (Le Monde) et des dizaines de personnalités appartenant aux sphères politiques, économiques, intellectuelles, artistiques, universitaires, éditoriales, médiatiques, ces documents viennent attester d'une grosse portion de vie -plus de quatre décennies, "l'un dans l'autre", comme on dit- égrenée d'une manière dense.

Ces archives vous rappellent que certaines choses ne sont plus possibles, même si tous les possibles sont encore ouverts au dynamisme et aux aspirations des nouvelles générations.

Je ne regrette rien, mes chers amis. Pas même les propositions d'épinglage en toutes sortes de médailles dont le fameux Ordre du Mérite ou la Légion d'honneur - je parle en particulier de la France où j'ai vécu d'une manière continue depuis plus de 30 ans- qui ornent nombre de revers de vestes de certains de mes illustres compatriotes. Grand bien leur fasse ! Bsahathoum !

J'ai eu, quand à moi la chance d'avoir compris, depuis belle lurette, que l'honneur, aussitôt mis au pluriel, n'en est plus un. Les honneurs constituent le principal cimetière de l'honneur, en effet. J'ai donc préféré mon tout petit honneur -bien que truffé de faiblesses et souvent de conneries monumentales !-à ces honneurs si factices.

Je n'aime pas ces "distinctions" par lesquelles on ose vous distinguer d'autrui parce que vous servez les intérêts d'une caste politique ou économique. J'exècre les "statuts particuliers" indus !

Oui, j'ai eu l'honneur de refuser mordicus des "distinctions" tant marocaines qu'étrangères et ne m'en porte que mieux.

A titre d'exemple, je vous livre ce document de 1997 relatif à une proposition faite par Jacques Chirac de m'"octroyer" le grade de Chevalier de l'Ordre du Mérite. Vous devinez que le Préfet, chargé d'appliquer le souhait présidentiel et auteur de cette correspondance, n'a jamais eu de mes nouvelles à cet égard.


"Seigneur, laisse-moi vivre humble et ressuscite-moi parmi les humbles", dit une prière attribuée au Prophète de l'Islam.

P.S : Bien évidemment, j'ai du accepter quelques marques de considération que je ne pouvais décemment refuser sans être qualifié pour le moins d'indécent. La "Médaille de la Nation Tunisienne" qui me fut délivrée par feu Habib Bourguiba en fut et j'en suis toujours particulièrement fier. L'Homme avait rigoureusement éduqué son peuple et émancipé la femme. Certaines de ces marques d'estime m'ont réellement fait plaisir, parce qu'elles venaient récompenser des actions tangibles, dûment identifiées et méritées.


Le reste n'est que fumées qu'emporte les vents de l'éphémère ! Tel était le sens de mon dernier post sur les wissams royaux "distribués jusqu'aux bras cassés et aux futiles !

Abdessamad Mouhieddine
Anthropologue, journaliste, écrivain, poète...

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