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Soucieux de préserver les structures sociales du Maroc sous le protectorat, le maréchal Lyautey réserve les écoles en français aux fils de notables.

Le maréchal Lyautey qui devient résident général du protectorat au Maroc en 1912 ne cache pas ses intentions : « Les écoles ont pour but d’apprivoiser l’indigène et de maintenir discrètement mais aussi fermement que possible les différences linguistiques, religieuses et sociales. »

Si le français devient langue officielle du protectorat, langue de la gestion des affaires publiques, il n’a guère vocation à être diffusé dans la population si ce n’est pour former une élite fidélisée et les contingents requis de fonctionnaires et contremaîtres, indispensables intermédiaires entre les colons et les habitants.

Un système sélectif et discriminatoire
« Le protectorat a mis en place un système d’instruction sélectif et discriminatoire ». Deux réseaux d’écoles sont alors créés, les unes françaises réservées aux Européens et accessibles aux juifs marocains, les autres pour les Marocains musulmans.

« Des dérogations sont ensuite accordées pour que les fils de notables musulmans puissent accéder aux écoles européennes. » Ces derniers représenteront 12 % des effectifs à la veille de l’indépendance. Et l’on ne comptera alors que 269 bacheliers pour huit millions d’habitants.

Après l’indépendance le pouvoir a maintenu la discrimination linguistique et culturelle, en péjorant les langues du peuple, la darija et l’amazigh. L’administration a continué à fonctionner en français et l’élite à envoyer ses enfants dans les écoles françaises. 

Marie Verdier
Source : la-croix.com/





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