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Ce qui se passe au Golfe est extrêmement dangereux. La partie qui s’y joue peut déclencher le pire.  Tous les ingrédients d’un conflit généralisé sont réunis. Ne nous trompons pas, les dégâts collatéraux peuvent toucher non seulement l’Orient, mais également l’Afrique du nord et même au-delà. 

Invoquer un missile balistique lancé à partir des positions houtistes du Yémen pour provoquer un séisme politique de sérail, doublé d’une déstabilisation annoncée du Liban, et plus tard, celle de toute la région, n’exonère point la Saoudie de ses responsabilités dans le capharnaüm géostratégique qui frappe non seulement le Golfe, mais également toute la sphère arabe touchée par le prétendu « Printemps arabe ». 

Le fameux missile, sait-on avec précision qui est le véritable responsable de son lancement ? Une officine stratégique étrangère régionale, israélienne, occidentale ? Pourquoi l’Iran couvrirait-il une telle aventure pour lui lourde de conséquences ?

Bien avant cette affaire de tir balistique, les carottes étaient suffisamment cuites à la faveur du sempiternel clash entre, d’une part, un chiisme qu’on a voulu étouffer, mais qui, au contraire, a retrouvé une vigueur aujourd’hui inégalée, et, d’autre part, un sunnisme d’inspiration wahhabite qui perd ses batailles les unes après les autres, y compris au Yémen, en dépit d’une copieuse coalition dite arabe.

En toile de fond, outre la chute de la rente des pétrodollars qui force le pouvoir saoudien à engager – pour la première fois de son existence d’Etat pétrolier – des mesures budgétaires restrictives, l’obsession antipersane et la folle balade des flux financiers qui s’en sont allés longtemps financer le terrorisme, les nouveaux paradigmes de la mondialisation qui imposent aux néo-Etats golfiens – le plus ancien d’entre eux n’a pas encore une seul siècle d’âge !- une refonte vitale de leurs régimes.

Pour faire court, les forces occidentales stationnées sur les territoires du Qatar, de l’Arabie saoudite, des Emirats, sans compter les navires qui rôdent du côté de Bab El Mendab ou même sur les 251 000 km2 que compte le Golfe persique, ne s’y déploient pas pour la villégiature. Tout comme celles qui peuplent les bases de l’OTAN en Turquie et qui ont failli pulvériser le régime d’Erdogan.

Bref, la mondialisation est arrivée aujourd’hui à son stade orgastique et ne s’embarrasse plus des susceptibilités politiques ou des « pactes de défense » type « quincy » pour générer des profits au seul bénéfice des transnationales, des lobbys et des marchés financiers. Les déstabilisations et les guerres qui s’en suivent rapportent davantage que les investissements productifs réalisés dans la paix. 

Après avoir démantelé les Etats de la périphérie golfienne que sont l’Irak, la Syrie, le Yémen, l’ogre mondialiste s’occupe des Etats du Golfe eux-mêmes qui furent longtemps les supplétifs de ses turpitudes. 

N’est-ce pas le sens de l’ascension des deux jeunots inexpérimentés que sont Tamim du Qatar et Mohammad Ben Salmane de Saoudie ? 

« Le hasard n’existe que pour les pauvres ! »

Abdessamad Mouhieddine
Anthropologue, journaliste, écrivain, poète ...





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