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Jusqu’au XIIIème siècle, les Marocains n’avaient jamais célébré la fête du Mawlid.

C’est à Sebta, par la « grâce » de Abu al-Abbas al-'Azafi (1162-1236), son érudit juge de l’époque et grand adepte du « chérifisme », que cette fête fut introduite au Maroc. Son fils Abou al Qasim, devenu Emir de la ville, la propagea à travers le Maghreb.


Mais c’est la dynastie mérinide, notamment sous Youssouf Ya‘qoub ibn ‘Abdalhaqq (1286-1307) et à partir de 1290, que la fête s’est généralisée.

Le dogme « chérifiste » (la prétention à la légitimité via la descendance du Prophète) s’est perpétué à ce jour, notamment à la faveur du Mawlid et nombre de souverains de différentes dynasties ont veillé à ce que des poèmes à leur gloire soient récités aux côtés des poèmes hagiographiques « psalmodiés » à la gloire du Prophète. A ce chapitre, Hassan II s'est "souverainement" illustré !

Rappelons que nombre de penseurs et d’oulémas musulmans ont jugé la célébration du Mawlid pour le moins inopportune et certains la jugèrent carrément contraire à la doxa.

Bref, l’introduction de la célébration de la fête du « Mouloud » au Maroc fut avant tout une riposte face aux velléités de christianisation des arabo-berbères d’Espagne. N’oublions pas qu’elle s’est inspirée de la tradition initiée par Saladin, puis intensifiée par son fils qui la généralisa au Kurdistan avant qu’elle ne trouve son essor en Egypte et ailleurs.

Moralité : Chacun est libre de fêter à sa guise ce que bon lui semble, mais la bonne connaissance de la genèse de nos fêtes - toutes nos fêtes ! - s’avère plus que jamais utile en ces temps où les tenants de « l’ignorance sacrée » fatwasent tous azimuts. Toujours à l’emporte-pièce !

Cela dit, Bonne fête du Mawlid !

Abdessamad Mouhieddine
Anthropologue, journaliste, écrivain, poète ...

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