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Le fameux adage qui veut que l'on n'aie que les gouvernements qu'on mérite m'a toujours déplu. Néanmoins, l'histoire nous apprend que le rayonnement d'une nation est conditionné par la qualité des gouvernants. 

Je n'hésite pas à dire qu'un peuple est comparable à cette pâte qui, pour offrir de l'excellent goût, doit rencontrer un excellent pétrisseur. Churchill, De Gaulle, Mandela, Walesa, Ben Gourion, Bourguiba, Havel, Washington, Mitterrand, Driss 1er... étaient des hommes de grands desseins. Ils purent confondre leur destin personnel avec celui de leurs peuples. Ils ont sorti leurs peuples -la tête bien haute- de guerres, d'injustices, de misères et, pour certains d'entre eux, de non-destin. 

Ces hommes ont bénéficié de la collaboration d'autres grands hommes chargés de mettre en musique leur vision dans les domaines stratégiques, notamment ceux de l'éducation et de la culture. Rappelons-nous les duos De Gaulle-Malraux, Mitterrand-Lang ou encore la stature du Président-écrivain Václav Havel. Il en a existé un nombre impressionnant dans l'histoire arabo-musulmane...il y de cela si longtemps. Plus maintenant. 

En résumé, aucune chance d'accéder à quelque développement socioéconomique, a fortiori humain, c'est-à-dire à l'estime de soi de chacun et de tous, sans cette rencontre, non pas providentielle, mais laborieuse, industrieuse, loyale et volontariste, entre une "bonne pâte" et un bon pétrisseur. 

Une vision et des hommes capables de la mettre en branle. A l'heure actuelle, sur toute l'étendue de la sphère arabe, point de grands pétrisseurs; je ne vois que des peuples désemparés et des gouvernants à la fois pétrifiants et pétrifiés ! Désespérant !

Abdessamad Mouhieddine
Anthropologue, journaliste, écrivain, poète ...





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