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La vidéo fait le tour de la toile depuis jeudi. Saad Abid y dénonce le racisme de certains Marocains envers les subsahariens tout en tentant de les sensibiliser à travers une expérience sociale tournée au Sénégal.

Saab Abid se définit comme un entrepreneur social, écologiste, aventurier et accessoirement créateur de vidéos. Depuis que cet habitant du quartier El Oulfa à Casablanca a remarqué une montée fulgurante du racisme anti-noirs ces dernières années, il a décidé, avec les moyens du bord, sans sponsor ni soutien financier, de dénoncer et sensibiliser l’opinion publique par le biais d’expériences sociales. Sa première, parlant ouvertement de ce sujet extrêmement sensible, se passe au Sénégal. 


En effet, Saad Abid a décidé « d’inverser les tendances » en demandant tout simplement de l’aide aux passants Sénégalais, histoire de montrer le contraste. « Mon but est de montrer comment un « blanc » est traité dans un pays à écrasante majorité noire. Je suis parti aussi pour montrer à mes compatriotes ce que c’est que d’être seul et démuni dans un pays étranger ». La vidéo, accueillie par la plupart positivement n’a pourtant pas manqué de faire jaser. Beaucoup lui reprochant d’avoir choisi une destination « trop facile » pour son expérience sociale, ce qu’il réfute catégoriquement. « Je n’ai pas choisi la facilité. Peu importe l’endroit, le but est de montrer la différence et de sensibiliser l’opinion publique. Je suis prêt à aller dans d’autres pays d’Afrique subsaharienne pour réitérer l’expérience ».

Discrimination décomplexée et idées racistes 
Saad Abid semble, au bout du fil, profondément affecté par le racisme qui l’entoure au quotidien. Dans son quartier, certains propriétaires qui proposent leurs appartements à la location ne se gênent pas pour afficher jusque dans leurs panneaux un racisme décomplexé. « Il y a des panneaux de location qui comportent la notion : Interdit aux subsahariens », s’indigne-t-il. Et il n’a pas tort. Cette pratique est de plus en plus courante. Plusieurs de ces panneaux ont moult fois fait objet de dénonciations via des réseaux sociaux sans que personne ne lève le petit doigt pour punir les auteurs. 
Plus encore, un jour, à un feu rouge, notre interlocuteur a été témoin d’une scène pour le moins surréaliste. « Une femme a baissé la vitre et a craché sur un subsaharien qui faisait la manche. Cette scène a été insupportable. Une honte. J’ai eu honte », se souvient-il, encore interloqué.

Loin de faire de ce fléau une affaire générale, il pense néanmoins que ses compatriotes tiennent de plus en plus des discours extrémistes. « Ils accusent les Africains, comme si nous ne l’étions pas, de voler les emplois des autres. Le Maroc compte à peu près 20.000 migrants subsahariens. Pensent-ils vraiment que ce peu de personnes volera les emplois des Marocains ? On croirait entendre l’extrême droite Française !».

Le racisme anti-noirs est une réalité intrinsèque au Maroc. Souvent décrié par de nombreux médias locaux comme internationaux et objet de campagnes de sensibilisation, il semble pourtant s’amplifier au fil des années. D’ailleurs, les témoignages sur la toile se multiplient et grand nombre de subsahariens se plaignent du racisme manifeste et décomplexé de plusieurs Marocains : « 3zzi », « singe », « Ebola » parmi les insultes qu’ils entendent quotidiennement, jets de pierres et depuis peu, de violents affrontements qui défrayent la chronique et qui finissent le plus souvent très mal.

« Je vais lancer une émission hebdomadaire qui traitera ce sujet, entre autres. J’ai pu discuter avec des Nigérians, des Libériens et d’autres nationalités qui ont traversé des moments très douloureux avant d’arriver au Maroc. Entre celui qui a vu sa famille se faire tuer devant ses yeux par les terroristes de Boko Haram, celui qui a perdu son emploi (…). Il est important que les Marocains sachent que derrière chaque migrant se cache une histoire et ce sont ces histoires que j’aimerais raconter ». Une belle occasion pour faire briller l’humain !





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