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L’Hebdomadaire britannique «The Arab Weekly» publie dans ses colonnes (article datant du samedi 5 mai) que le Maroc a des preuves irréfutables de l’implication des milices pro-iraniennes avec les séparatistes sahraouis. (Traduction A. Colin) 

Les pays arabes du Golfe se sont ralliés derrière la rupture des liens diplomatiques du Maroc avec l'Iran, décision prise après que Rabat ait accusé Téhéran de former, financer et armer le Front Polisario soutenu par l'Algérie. 

Bahreïn, le Qatar, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont annoncé leur soutien au Maroc peu après que le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita a déclaré qu'une "cargaison" d'armes a récemment été envoyée au Front Polisario via l’intermédiaire de l'ambassade d'Iran à Alger. Bourita a déclaré que le Maroc avait des preuves irréfutables, des noms et des actions spécifiques corroborant la complicité entre le Front Polisario et le Hezbollah libanais. 

L'Iran et le Hezbollah ont rejeté les accusations de Rabat, blâmant les "pressions" étrangères, mais le gouvernement marocain a nié que la décision avait été dirigée par de pays tiers. 

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a condamné " l'ingérence de l'Iran dans les affaires intérieures du Maroc à travers son instrument « la milice terroriste » du Hezbollah qui forme les éléments du groupe dit Polisario. Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a tweetté que l'Iran déstabilisait les pays arabes et islamiques en enflammant le sectarisme, en s'immisçant dans les affaires intérieures et en soutenant le terrorisme. 

Le ministre d'État des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, M. Anwar Gargash, s'est également exprimé sur Twitter pour apporter son soutien au Maroc, dénonçant l'Iran de s'être ingéré dans le conflit du Sahara occidental. "L'Iran s'efforce de déstabiliser la sécurité des pays arabes et musulmans en provoquant des guerres sectaires, en s'ingérant dans leurs affaires intérieures et en soutenant le terrorisme. C'est la preuve de ce que l'Iran a fait avec le Royaume frère du Maroc, à travers le Hezbollah, à la tête du groupe dit Polisario", a tweeté Gargash. 

Le 24 avril, le site web d'information « Algeria Times news » rapportait que le Front Polisario se préparait à l'exécution d'un redoutable plan de combat sous la supervision d'experts militaires du Hezbollah. "Les experts de la guérilla du Hezbollah ont personnellement formé les miliciens du Polisario à creuser et à préserver ces tunnels ", a déclaré l'Algeria Times News. 

Ce n'est pas la première fois que le Maroc rompe ses liens avec l'Iran. En 2009, le Maroc avait coupé les relations avec l'Iran après que Rabat avait prétendu que Téhéran essayait de répandre le chiisme dans les pays d'Afrique du Nord, mais les relations ont été progressivement restaurés depuis 2014. 
"Tout le monde sait que le Hezbollah est la marionnette de l'Iran dans le monde arabe. C'est pourquoi le Maroc, qui défend son intégrité territoriale, a pris cette décision", déclare Charles Saint-Prot, directeur de l'Observatoire des études géopolitiques à Paris.
 
Rabat a récupéré ses territoires du Sud marocain en 1975 et ils font partie intégrante du Royaume. Des séparatistes sahraouis, soutenus par l'Algérie, avaient entamé un conflit armé contre le Maroc dans l’espoir de créer un Etat indépendant que les Nations Unies n'interviennent en 1991 pour négocier un cessez-le-feu.

Rabat a proposé une forme d'autonomie sous souveraineté marocaine pour le territoire sud marocain. La proposition a été rejetée par les séparatistes qui réclamaient le droit à l'autodétermination dans le cadre d'un vote surveillé par l'ONU.

Le 27 avril dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU a appuyé une résolution rédigée par les États-Unis qui a appelé le Maroc et les séparatistes à des pourparlers pour régler le conflit. Le Conseil de sécurité a renouvelé pour six mois le mandat d'une mission de l'ONU pour surveiller les intrusions des séparatistes dans la zone tampon créée en 1991.

Saint-Prot a déclaré que le "plan" algérien dans la zone de conflit a échoué parce qu'il y'a peu de pays qui soutiennent les séparatistes sahraouis. "Le fait que le Polisario obtienne le soutien du Hezbollah.... a clairement exposé l'agenda inavoué par l'Iran et l'Algérie, ce qui constitue une menace pour la stabilité dans la région".

Saint-Prot a mis en garde contre la menace croissante de l'Iran dans le monde arabe. "L'Iran a été impliqué dans de nombreuses zones de conflit au Moyen-Orient pour étendre son influence. L'Afrique du Nord n'est pas à l'abri de la menace iranienne ", a-t-il ajouté.
Traduction : A. Colin pour Wakeupinfo 






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