News

Ce qui se passe dans la scène migratoire est autant incompréhensible qu’inquiétant. Nous sommes installés dans une sorte de chaos, entaché de division, d’éparpillement et de conflits. Cette situation, ébranle sérieusement notre présent et compromet notre avenir, ce qui fait grandir notre inquiétude. 

En effet, les institutions chargées de la gestion du dossier de notre communauté, continuent à naviguer à vue, sans aucune vision ni stratégie, ignorant de ce fait non seulement les profondes mutations structurelles de la communauté des citoyens marocains de l’étranger, mais également la mise en œuvres des acquis de la Constitution de 2011. 

Le dysfonctionnement de ces institutions et particulièrement celui du Conseil de la Communauté des Marocains de l’Etranger « CCME », ont placé notre communauté dans une incertitude totale, voire une angoisse infinie. Un dysfonctionnement au cœur des polémiques et des critiques acerbes compréhensives. 

Car, il y a quelque part un vice de fond qui fait passer un dysfonctionnement institutionnel pour une situation normale. En effet, ces institutions ont tout fait pour diviser et affaiblir le mouvement migratoire marocain et portent de ce fait, une responsabilité immense. Elles se sont aussi ingéniées à casser les appareils de médiation, à marginaliser les organisations des citoyens Marocains de l’Etranger et à placer certains d’entre eux sous leur coupole. Cela pose avec autant d’acuité la question de l’éparpillement de notre communauté avec tout ce qu’il engendre comme danger et peurs. 

Inquiets, les Citoyens Marocains de l’Etranger « CME », se demandent si les gestionnaires de notre dossier sont capables de développer une approche homogène et visionnaire pour un dossier stratégique et à multiples facettes ? Sont-ils capables de mettre fin à un encombrement étouffant en forme d’opportunisme et de clientélisme ? Sont-ils capables de mettre fin à cette mentalité absurde qui fait de l’exclusion des CME de la participation politique au Maroc, un projet politique en soi ? Si non, comment pourrait-on comprendre, leur mutisme, quant à la mise en œuvre des articles dédiés à notre communauté, depuis 2011. 

Cet état de chose, fait que l’enthousiasme suscité par la mise en place de cette constitution est caractérisé par une crise de confiance. Au lieu de remédier à cette situation, certains responsables continuent de produire un discours peu clair et souvent peu cohérent, qui ne correspond à aucune réalité d’aujourd’hui. Un discours, qui se limite à des déclarations de bonnes intentions, qui ne sont jamais mise en œuvre. 

Cette situation est aggravée par l’ambition qui caractérise l’attitude de certains acteurs de notre communauté, qui ne cherchent que profit et avantages. Ils ont perdu le lien avec la base, et cela au moment où les Citoyens Marocains de l’Etranger « CME » ont besoin de l’engagement de ces acteurs pour recréer le lien, produire les idées et proposer des solutions. C’est dire l’urgence de renouer le lien avec notre communauté en s’approchant de ses préoccupations. 

C’est que, le drame de la migration, réside aussi dans sa politisation. Il faut donc en finir avec « la diabolisation» de la migration et poser avec force les bienfaits d’une politique homogène et visionnaire pour une communauté rassemblée et pour notre pays, le Maroc. 

Faut-il rappeler, que ces Citoyens Marocains de l’Etranger ont réussi à faire leur place dans leurs sociétés de résidence, malmenées par des crises économiques aiguës et traversées par des idéologies extrémistes et xénophobes qui menacent leur cohésion et leur stabilité. Ils ont aussi contribués à l’essor économique et humain de leur pays d’origine en transférant et investissant. Mais malgré cet engagement les compétences et les expertises de ces Marocains, ne sont ni mobilisées, ni utilisées intelligemment au profit de notre pays, le Maroc. 

Düsseldorf, le 14 Mai 2018 


Prof. S. Charchira
Auteur, acteur et observateur de la Scène migratoire




0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

 
Top