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Moi : Je viens vers vous, cher docteur, uniquement pour soliloquer en paix. Contentez-vous donc de me poser des questions chaque fois que j’aurais épuisé un sujet. Et surtout ne vous avisez jamais à m’interrompre ! Je veux me faire un «printemps arabe » perso, à moi tout seul. Ne me le gâchez donc pas !

Docteur Surmoi : Faites ! Faites ! Mais, à propos du fameux « Printemps arabe », c’est d’un hiver musulman qu’il s’agit, cher monsieur MOI ! D’ailleurs, à ce propos, comment voyez-vous ces mouvements de contestation qui se multiplient partout ?

Moi : Regardez-les, docteur ! Ils occupent la rue et crient. Ils veulent la démocratie, du boulot, le renvoi des élus qu’ils ont eux-mêmes choisis, la chute du gouvernement, la reconnaissance…tout quoi. Moi, je ne veux rien d’autre que la « paix ». Qu’on me la foute donc et qu’ils mettent, s’ils le veulent, toutes les villes du pays sens dessus dessous ! Qu’est-ce que cela pourrait changer pour moi, qui suis dans le trente-sixième dessous ? Grand bien leur fasse ! « De quoi as-tu besoin, ô va-nu-pieds dénudé ? D’une bague, monseigneur ! », dit l’adage. Ces populations enragées remuent ciel et terre pour les effets et ignorent superbement les causes !

Mais pourquoi ne disent-ils donc pas clairement que les medersas coraniques – là où leurs parents avaient fait l’apprentissage de la soumission, où l’on pille les enfances et viole les innocences – doivent être définitivement rasées ? Ces medersas où l’impensé, les sur-sens assujettissants, la moutonnerie, la prosternation, l’eschatologie, les sempiternelles « règles de l’ablution » ou encore la hagiographie prophétique tiennent toujours le haut du pavé. Loin derrière quelque intelligible herméneutique. A mille lieues de la rhétorique, de la théorétique et, a fortiori, de la théosophie qu’affectionnaient les Averroès, Maïmonide ou Ibn al-Arabi. Ah les medersas…Celles-là même où, dans l’apocalyptique Afghanistan et l’islamo-sismique Pakistan de nos jours, se forment les brigades antioccidentales –que dis-je, antihumaines- de demain !

Décidément, si Dieu est mort dans les camps nazis, Allah agonise au rythme des déflagrations apprises dans les medersas.

Pourquoi ces foules révoltées ne crachent-elles donc pas sur les monstres de l’enseignement islamo-régressif que sont les « imamopathes », les « kalach-fatwaseurs », les inoculateurs du salafo-exclusivisme et ces autres oulémas qui prêchent allègrement la castration culturelle, la mort de l’autre ? Pourquoi ne chassent-ils pas les poussettes coraniques tonitruantes de l’espace public ? Pourquoi ne comprennent-ils pas qu’il faudrait commencer par brûler tous les «livres jaunes » qui ramènent tous les soucis de la terre à l’aléatoire omnipotence du Ciel ? Pourquoi n’abolissent-ils pas l’état de siège mental qui a tant sclérosé, précipité dans la haine de soi, leurs aînés, sous l’absolutisme des Hassan II, Boumediene, Saddam, Assad père, Kadhafi ou autre Nasser ? Pourquoi couvrent-ils leurs revendications dont, par ailleurs, la légitimité ne saurait souffrir aucun reproche, de leurs effrayants « Allah Akbar ! » ? Vous verrez, docteur, que leurs sacrifices et leur colère seront irrémédiablement confisqués sous peu par les « barbus » et les hijabisées ! L’atemporalité, l’ahistoricité et l’immobilisme sacral sont trop confortables pour être vaillamment abandonnés. Ainsi, les puissants-possédants et, les « impuissants-démunis », leurs victimes, partagent allègrement la pérennisation de l’anesthésie de la Raison. Une ignorance sacrée inoxydable !

Et puis, voyez, docteur, ces médias et ces responsables politiques occidentaux aujourd’hui désenchantés face au fameux « Printemps arabe » ! Que ne s’étaient-ils pas extasiés sur le courage de ces peuples arabes en ébullition contre leurs tyrans ! Jusqu’à cette pathétique désillusion de Sarkozy et Cameron se pavanant à Benghazi « libérée » aux cris d’« Allah Akbar ! », que scande rageusement une foule électrisée par l’appel à la Charia des « brigands révolutionnaires » en armes.

N’ayant déjà point vu venir ces révolutions prétendument printanières, les chancelleries et les observateurs occidentaux n’ont point vu non plus surgir l’islamisme ultrabarbare qui en a aussitôt émergé sur toute l’étendue de la sphère musulmane. De Sanaa à Tunis, du Caire à Rabat, d’Alger à Kandahar.
« Le coran, tout le coran, rien que le coran ! », ne cesse de vociférer la rue musulmane autant sur les réseaux sociaux que de vive voix dans les manifs. Je pense que…

Docteur Surmoi : La séance est terminée. A la prochaine séance !

Moi : Ne vous ai-je pas expressément demandé de ne jamais m’interrompre, DOCTEUR SURMOI ? Je termine donc mon propos avant de déguerpir ! Je pense que le déclin sied autant aux potentats qu’à leurs peuples : les premiers gardent leurs privilèges sous le chapiteau de l’ignorance sacrée et les seconds se complaisent dans cette dernière à l’ombre de la paresse et du mektoubisme. Continuellement, les uns du « délit d’exister » accusent et, continuellement, les autres s’en excusent.

Docteur Surmoi : A la prochaine séance !

Journaliste






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