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« Merci au @préfet95 d’avoir fait retirer cette plaque » : Voilà comment a réagi la députée LREM, Fiona Lazaar, dans un Tweet, après que le préfet du Val d’Oise ait demandé à la mairie de Bezons le retrait d’une plaque symbolique commémorant la Nakba (catastrophe en arabe) érigée en soutien au peuple palestinien. 

Celui-ci n’a pourtant fait qu’obéir aux ordres du chef de cabinet du ministre de l’Intérieur, lui-même sollicité par le CRIF. Notre députée devrait donc plutôt remercier cette officine qui a pignon sur rue et dont les sollicitations, dès lors qu’il s’agit des intérêts d’Israël, ont valeur d’injonction. 

À ce propos, on peut se demander si la République française, qui est séparée de l’Église et de la Mosquée, se distingue vraiment du CRIF en matière de politique indépendante ? 

En France, les rues, les avenues, les esplanades et les jardins portant des noms de personnalités israéliennes sont récurrents : David Ben Gourion, Golda Meir, Yitzhak Rabin,… 


Parmi les différentes meutes qui, aujourd’hui, crient au scandale, pas une voix ne s’est manifestée concernant l’hommage à des colonisateurs qui tous, sans exception, ont du sang de civils palestiniens dans les mains. 

À contrario, nommer symboliquement une rue : « Allée de la Nakba » était un hommage pour rappeler la confiscation de sa terre à un peuple, celui de Palestine. 


Car, contrairement à la Shoah, la Nakba n’est pas un événement figé dans le temps, mais un processus qui a débuté en 1948 avec la création de l’État d’Israël par l’ONU, et qui se poursuit encore sous nos yeux avec l’accélération de la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est. 

« La complexité du conflit israélo-palestinien appelle les élus à être mesurés dans les actes et dans les mots », ose poursuivre la députée du Val d’Oise. De quelle complexité parle-t-elle ? 

Il y a un peuple occupé depuis 70 ans et un occupant qui viole, depuis autant de temps, tous les chapitres du droit international. 

Il y a le peuple palestinien à qui Israël continue de confisquer sa terre, avec le soutien inconditionnel des États-Unis qui revendiquent ouvertement et sans pudeur leur rôle de mentor, depuis qu’un psychopathe occupe la Maison blanche. 

Il y a le peuple de Gaza qui subit un embargo israélien depuis plus d’une décennie, avec 5 % d’eau pour survivre, sans médicaments et sans produits de première nécessité. Un peuple assiégé de partout, dont même les pêcheurs ne peuvent sortir à plus de six mille nautiques sans se faire bombarder par la marine israélienne. Or la majorité des poissons se trouvent à neuf mille nautiques ou plus. 

Il y a les malades atteints d’insuffisance rénale qui meurent chaque jour, parce qu’on leur interdit d’aller se faire dialyser en Cisjordanie ou en Égypte. Et même ceux de Cisjordanie doivent affronter les check-points israéliens, ce qui revient au même en matière de conséquences sanitaires. 

Et tout récemment, les images terribles d’une marche pacifique d’un peuple sans arme, commémorant la Marche du retour, se faisant tirer dessus comme du gibier par des snipers israéliens qui postent leurs crimes de guerre sur Facebook, ont choqué le Monde entier. 

Des criminels qui se savent protégés par une communauté internationale qui s’enferme dans un mutisme déshonorant et complice. 

« La France œuvre à préserver la solution à 2 États et à la reprise du dialogue ! », a l’audace de rajouter la députée du Val d’Oise. De qui se moque-t-elle ? 

Israël a hypothéqué définitivement une solution à deux États. Il s’est lui-même enfermé dans ce dilemme, plutôt terrible pour lui : 
Un État laïc et démocratique avec les même droits pour tous, qu’ils soient juifs, musulmans, chrétiens, athées, arabes, ashkénazes, sépharades, Blancs ou Noirs. 
Mais pour Netanyahou, porte-parole des colons racistes et extrémistes, il n’en est pas question. 
Ou bien, un État juif d’apartheid assumé en tant que tel, d’où la nécessité impérative d’un renforcement culturel avec l’Europe, type « Saison croisée France-Israël » pour masquer au monde entier (et autant que faire se peut) la nature fasciste d’un tel État. 
Pourtant, nous savons tous ce qu’il est advenu de l’apartheid Sud-Africain et de sa voisine raciste, l’ex-Rhodésie. 

La députée du Val d’Oise a, en outre, le culot de qualifier le fait de dénoncer les crimes de Netanyahou et son gouvernement d’extrême droite, de « provocations politiciennes » en y mettant un point d’exclamation en fin de phrase. 

Par de tels propos, que fait-elle, elle-même, en matière de provocation si ce n’est se rendre complice, par les mots, de crimes de guerre et de crimes contre l’Humanité commis par un État raciste qui assume et revendique ouvertement, sans même prendre la peine de s’en cacher, sa politique d’apartheid. 

Albert Einstein avait bien raison lorsqu’il écrivait : « Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas acquis la certitude absolue. » 

JP Alonso




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