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Les Marocains seront bientôt plus nombreux à «pratiquer» Facebook que la prière, la lecture ou le sport. Pour le meilleur et pour le pire. C’est une réalité dont il nous faudra apprendre à tenir compte.

Beaucoup de personnes se posent des questions sur le devenir du monde. Où va-t-on? Qu’est-ce qui changera? Ce sont des grandes questions. Mais elles nous concernent aussi.

Au Maroc, tout est en train d’être redéfini à partir des réseaux sociaux. Avec ses millions d’utilisateurs, Facebook est une organisation supranationale qui défie toute concurrence. Quelque 37% y sont connectés. Dans un pays où la population est encore peu alphabétisée. Cela nous donne le calcul suivant: parmi le (encore) peu de Marocains capables de lire et écrire, un sur deux est «connecté». Nous en sommes là!

Les chiffres sont vertigineux.
Pendant ce temps, Facebook est devenu une religion. Avec un nombre de fidèles et de «pratiquants» en constante progression.

Les Marocains seront bientôt plus nombreux à «pratiquer» Facebook que la prière, la lecture ou le sport. Pour le meilleur. Pour le pire. C’est une réalité.

C’est une époque. En pleine mutation.
On peut s’inquiéter de tout cela. On ne devrait pourtant pas. Il vaut mieux comprendre ce qui se passe autour de nous, s’adapter, anticiper. Pour profiter au mieux de ce qui va arriver.

Il y a longtemps que nous ne vivons plus dans le monde de nos pères. Nous sommes déjà dans le monde de nos enfants.

Trois choses nous lient les uns aux autres. La nation ou le peuple que nous sommes. Le pays dans lequel nous vivons, à l’intérieur de ses frontières. Et l’Etat, qui est l’ensemble des institutions et des lois qui organisent et encadrent notre vie.

Il va falloir rajouter une quatrième entité: la «communauté» virtuelle, cette bulle gigantesque formée par les réseaux sociaux.

Les réseaux sociaux sont un espace nouveau, libre, trop libre peut-être et, surtout, puissant. Parfois violent. Même l’Etat, avec son arsenal de lois et de garde-fous, n’arrive pas à le contrôler. 

Cette communauté représente aujourd’hui le premier parti politique. La première force d’opposition. Le premier journal d’information (et de désinformation aussi). Le premier canal de revendication. Le premier «parlement» qui valide ou rejette les idées, les propositions. La première assemblée et la première agora où tout est discuté, débattu, décortiqué, reformulé, monté et démonté comme une pièce automobile.

Elle est même en train de devenir une nouvelle source de légitimité, distribuant les bons et les mauvais points, les décorations, les blâmes, les grades, les jugements.

Son influence grossit à vue d’œil et, de plus en plus souvent, plus vite. Son impact est réel. Elle n’a pas de dirigeants, de leaders véritables. Mais elle a des antennes, des relais, qui l’alimentent en permanence.

Cette absence de «patron» et de «tête» lui permet de se régénérer en permanence, de muter au besoin. Il n’est pas si virtuel que ça, finalement, ce monde nouveau qui nous emmène bien loin du monde nos pères.



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