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"L'oisiveté est la mère de tous les vices", dit le proverbe. Mais la pire des oisivetés est celle qui se nourrit du non-destin. 

Ils sont des millions aujourd'hui à déverser sur les réseaux sociaux les pulsions guerrières tous azimuts. La raison n'y trouve guère la moindre place dans ce flot continu de pulsions anales (l'expression est freudienne) où l'insulte, l'injure, la diffamation, l'incivisme et les incivilités sont mis en branle au service de la haine. La sienne propre contre soi, y compris. 

C'est une société qui vit au coeur d'un clash quasi existentiel entre les paresseuses certitudes et une modernité qui reste à construire à sa propre mesure. 

Que peut le roi, quel qu'il soit et qu'elle que soit sa bonne foi, contre ce clash qui oppose deux conceptions du comput, de la cité, du vivre-ensemble, du sens et la nature des valeurs et même du sens tout court ?

Le système éducatif marocain a produit depuis la décennie 80 des générations imbues d'une image de soi largement floutée par une notion de la justice où seuls comptent les droits. Longtemps broyés par les moeurs despotiques, ces derniers ont perdu leurs vis-à-vis obligationnels que sont les devoirs. La culture des droits évidents et gratuits s'est donc installée à la faveur des passe-droits et des scandaleuses libéralités auxquels le tentaculaire Makhzen tient mordicus. 

Le résultat est là : une jeunesse culturellement asséchée, éthiquement désemparée, politiquement nihiliste. "Je m'en fous, je veux juste ma part de jouissances !", semble être le credo de cette jeunesse sans idéal aucun. 

On lui vend un islam rigoriste en lieu et place de la rigueur; on lui propose, qui plus est sans pouvoir d'achat notable, le modernisme en lieu et place d'une authentique modernité. 

Bref, le non-destin est là et bien là. Et c'est précisément là que se planquent tous les périls qui menacent la cohésion de la nation !

A bon entendeur...fais gaffe !

Abdessamad Mouhieddine
Journaliste




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