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Dans le feu de l'action, on oublie souvent d'où l'on vient et où l'on se dirige. La force de l'âge n'inspire que légèreté et optimisme : on a largement le temps devant soi !

Mais tout cela est illusoire. Le temps passe vite, très vite. Et l'on se découvre un beau matin telle impotence, telle incapacité à tenir le tempo ou telle surdité face aux bruits du monde.

A vingt ans, je me croyais invincible, increvable et unique.

Jusqu'à la cinquantaine, je me croyais encore béni des dieux et protégé par ma prétendue unicité. "Je ne finirai jamais comme les autres", ne cessait de répéter une petite voix intérieure.

Mais peu à peu, le temps passant, je revisitais mes ambitions et jetais aux oubliettes, l'une après l'autre, nombre d'entre elles.

En dépit d'une insolence toujours alerte et d'une belle âme de justicier, je ne semblais pas avoir encore rencontré mon véritable destin !

De déménagement en déménagement, de livre en livre, d’article en article, d’exil en exil, d’arrestation en arrestation, de paternité en paternité, de DO en SI, de chronique en chronique, de contrat en contrat, en plus de quarante ans de journalisme, en plus de trente ans de recherche et d’enseignement, j’ai constamment revu à la baisse mes ambitions d’intellectuel.

Aujourd’hui, j’en suis à cette bien modeste définition : « Je préfère être cette puce qui agace et démange constamment les parties inatteignables du corps d’un lion, plutôt qu’une mouche qui accourt vers les restes d’une proie que ce même lion aura déchiquetée et dévorée sans coup férir et sans regret »

L’honneur d’une plume est celui de ne jamais copiner avec l’épée ! Tel est peut-être mon destin !

Abdessamad Mouhieddine
Journaliste


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