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Le Maroc n’est pas fait pour eux. Il ne les mérite pas. Le Maroc, c’est les autres. Un pays d’ignorants et de gueux. Il ne sert à rien de réformer quoi que ce soit.

La société marocaine vit une mutation étrange. Elle est tellement contradictoire. Comme un être qui n’a pas deux pieds mais plusieurs. Les uns avancent, les autres reculent, le tout sans coordination.

Alors on boite, on boite…

Il y a bien une minorité qui essaie d’aller de l’avant. Comme ils ne sont pas nombreux, ses membres ont l’impression de faire de la résistance, d’aller à contre-courant. Ils ont même le sentiment d’être harcelés par ceux d’en face, la majorité, dont les rangs se renforcent à vue d’œil.

Que fait alors cette minorité? Deux choses: elle se cache ou elle fuit.

Si vous faites un tour à la plage, vous allez être surpris par le nombre des femmes qui se baignent et se dorent au soleil comme le faisaient nos mamans, c’est à dire en bikini. Il n’y en a presque plus!

Les plages publiques n’ont pas attendu l’été 2018 pour appliquer les préceptes de la triste campagne #kounrajel (sois un homme et couvre ta femme). Les femmes qui osent encore s’y aventurer sont presque toutes couvertes. Leurs maris, frères, pères, fils, cousins et voisins sont contents… 

Sommes-nous en Arabie Saoudite, en Iran, au Yémen, au Soudan, ou dans un autre pays où la loi interdit les cheveux (féminins) au vent? Non, heureusement. Et pourtant!

Les Marocaines qui «résistent» à ce qu’on peut appeler la burkinisation progressive des plages vont aller voir ailleurs. Elles abandonnent les plages «du peuple» et trouvent refuge dans les piscines, les clubs privés, les hôtels. Elles se découvrent mais en catimini.

D’autres vont plus loin encore. Elles prennent l’avion et vont profiter du beau temps en Europe, ou vers des destinations exotiques. C’est là, et là seulement, qu’elles peuvent se baigner, se dorer au soleil ou simplement marcher dans la rue dans des tenues d’été, légères, insouciantes, libres comme l’air, en short si elles en ont envie, en tenant parfois la main de leur compagnon, ou en l’embrassant.

Loin des regards, loin des problèmes, loin du Maroc. Et des Marocains! C’est comme ça qu’on pense et qu’on dit chez nous.

Le problème, c’est que l’adage est appliqué par l’ensemble de cette minorité dont je vous parlais plus haut, qui ne résiste plus mais qui fuit. Qui va voir si l’herbe est plus verte ailleurs.

Ils ne sont pas contents de l’école publique? Ils l’abandonnent à son sort «et aux pauvres qui sont obligés de la fréquenter» et courent placer leurs gosses dans les missions étrangères et, plus tard, en Europe et en Amérique.

Ils ne font pas confiance au système de santé marocain? Ils ne feront rien pour le changer et vont, au premier bobo, prendre l’avion pour aller consulter à Paris.

On peut multiplier les exemples, le résultat est le même. Ils vivent ici mais s’accomplissent ailleurs. Ils renoncent, ils abandonnent le terrain, ils jettent l’éponge, ils se lamentent, ils regrettent l’époque de leurs pères. Et ils inculquent à leur progéniture l’idée que le Maroc n’est pas fait pour eux. Il ne les mérite pas. Le Maroc, c’est les autres. Un pays d’ignorants et de gueux. Il ne sert à rien de réformer quoi que ce soit. «Laissons-les s’entretuer, entourons-nous d’un mur, regardons ailleurs». 





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