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Si elle venait de renaître aujourd’hui, la religion serait la première à appeler à l’égalité parfaite entre les femmes et les hommes.

Toutes les femmes et tous les hommes épris de justice et d’équité, et nourris aux valeurs universelles, ont du avoir un frisson quand le président tunisien, en plein discours, a tranché en faveur de l’égalité homme-femme en matière d’héritage. C’est un immense pas en avant, dont on commençait à désespérer, venant d’un pays appartenant au monde arabe.

Bien sûr, cet acquis reste à consolider. Il faut qu’une loi soit édictée et il faut qu’elle soit appliquée. Il ne sera pas facile, non plus, de convaincre l’ensemble de la société.

Mais l’essentiel existe déjà. La politique et les hommes politiques servent à cela aussi, ne l’oublions pas. Ils peuvent faire des choix fort, audacieux, courageux. Même quand la société n’est pas prête à 100%.

Si, à chaque fois, il fallait attendre que tout le monde soit d’accord, il n’y aurait plus de politique, elle ne servirait à rien, il n’y aurait plus besoin que quelqu’un, quelque part, appuie sur un bouton et prenne une décision qui engage un pays.

La Tunisie a donc ouvert une brèche dans le mur. Elle a montré la voie. J’espère aussi qu’elle nous ouvrira les yeux. Parmi les voisins et amis du pays de jasmin, il y a bien sûr le Maroc, l’un des rares pays arabes qui possède le potentiel et le profil pour oser à son tour.

Oser quoi? L’égalité, la vraie, entre femmes et hommes.

La femme et l’homme, c’est kif kif. Le sexe change mais les droits ne changent pas.

Dans le monde arabe, ceux qui défendent l’égalité ne le font pas forcément de la meilleure manière. Ils mettent en avant le fait que la femme travaille et gagne de l’argent. Cet argument sous-entend que l’héritage est lié au travail et au mérite.

Eh bien non. Il faut se conformer aux valeurs universelles qui régissent le monde. A moins d’une disposition testamentaire particulière, l’homme et la femme doivent hériter à parts égales. Parce qu’ils sont égaux en droits.

La femme qui ne travaille pas ou ne gagne pas d’argent a les mêmes droits. Elle est l’égale de l’homme. Point à la ligne.

Pour aller de l’avant, il faut arrêter avec le sempiternel «oui mais la religion dit ci ou ça», «oui mais la religion ne le permet pas». Tout le problème est là, dans cette invocation maladive de la religion. Dont les esprits rétrogrades se servent comme d’un frein pour empêcher toute avancée de la société.

La religion est aujourd’hui foi et spiritualité. Parce que les temps ont changé et nos sociétés aussi.

La religion est venue au monde pour organiser les sociétés qui ne l’étaient pas. Cette tâche est aujourd’hui dévolue à la Constitution et aux lois, qui doivent être en phase avec les valeurs de leur temps.

Si elle venait de renaître aujourd’hui, la religion serait la première à appeler à l’égalité parfaite entre les femmes et les hommes. Parce qu’elle a le souci de l’équité et de la justice.

Nous n’allons quand même pas nous abriter derrière la religion pour résister à la marche en avant du monde dans lequel nous vivons.



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