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Communiqué de l’ODT : Pendant que l’Afrique se prépare à accueillir le Forum Mondial sur la migration et le Développement (FMMD) et la Conférence intergouvernementale au cours de laquelle sera adoptée le pacte mondial pour des migrations sures, ordonnées et régulières qui seront organisés à Marrakech au Maroc au mois de décembre 2018, un mois après le Conclave mondial qui s’est tenu au Mexique du 02 au 04 novembre 2018 dans le cadre du 8ème Forum Social Mondial des Migrations sous le thème « Migrer, Résister, Construire, Transformer », les expulsions massives, brutales et violentes en violation des droits fondamentaux des droits de l’homme et de la libre circulation, continuent à sévir en Afrique en ce 21ème siècle innovant. 

Alors que 85% de la migration en Afrique est intra africaine et 4 africains sur 5 se déplacent à l’intérieur de l’Afrique en dépit de toutes les allégations sur les flux migratoires misent en circulation par la communauté internationale à travers les menaces et mesures restrictives sur les migrants visant la sécurisation de leurs frontières. 

Force est de constater que le respect de la dignité humaine et l’acceptation de l’autre reste un tabou dans la plupart des pays Africains qui continuent à ignorer le principe de la libre circulation des personnes et du vivre ensemble. 

C’est le cas de l’Angola qui depuis le mois d’octobre a expulsé manu militari, dans des conditions inhumaines, sans respect des normes des droits fondamentaux des droits de l’homme, 500.000 congolais de la RDC qui vivaient sur son territoire depuis de décennies, alors que les deux pays partagent une histoire commune depuis des siècles. 

Les observateurs se demandent pourquoi cette vague intensive d’expulsions de l’Afrique du sud en Afrique du nord alors que le peuple est censé vivre en parfaite harmonie conformément à ses us et coutumes. 

Aujourd’hui c’est l’Angola qui s’en prend à ses frères Congolais, hier c’était l’Afrique du Sud qui a poignardé ses frères Nigérians, Zimbabwéens, Namibiens et Ouest africains sans oublier les massacres perpétrés par Boko haram au Nigéria, Cameroun et Tchad ainsi que les tueries dues aux conflits ethniques au Burkina Faso, Centrafrique, Guinée Conakry, Mali, Somalie etc. 

Les pays du Maghreb (Algérie, Libye, Maroc et Tunisie) ne sont pas non plus épargnés avec l’expulsion arbitraire et inhumaine par les autorités algériennes en 1975 de 45.000 familles marocaines de l’Algérie et la confiscation de leurs biens malgré les origines communes de deux pays et les dernières récentes vagues d’arrestations brutales, refoulements à chaud, expulsions massives et ventes des migrants originaires d’Afrique Subsahariennes comme esclaves sur leurs territoires en violation des droits fondamentaux internationaux. 

Au regard de tout ce qui précède, l’Organisation Démocratique du Travail (ODT), et l’Odt travailleurs immigrés au Maroc (ODT-I), 
  • Convaincues que la migration est un phénomène naturel qui constitue la solution et non le problème, 
  • Convaincues que la dignité humaine est inaliénable et que l’Afrique demeure un continent hospitalier et solidaire, 
  • Dénoncent avec la dernière énergie ces actes ignobles et contraires à la dignité humaine qui entravent, piétinent et violent le principe de la libre circulation des personnes prôné par la Déclaration universelle des droits de l’homme en son article 13 et de la convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leurs familles, 
  • Condamnent ces pratiques discriminatoires alors que l’africain est censé accueillir et vivre en parfaite harmonie avec son prochain conformément à ses us et coutumes, 
  • Appellent à la mobilisation et à la conscientisation de tous les peuples africains, d’adopter le principe du vivre ensemble et de la solidarité car l’autre est autre moi-même avec qui on partage la même parcelle de l’humanité, 
  • Appellent l’ensemble des organisations de la société civile du continent à se mobiliser pour dénoncer ces habitudes haineuses et arrêter cette hémorragie afin de dissuader leurs auteurs, 
  • Demandent aux dirigeants africains de faire preuve de maturité et de responsabilité dans la gestion de leurs pays pour l’éradication de ces pratiques déshonorantes afin de sauvegarder la dignité de l’être africain, 
  • Exigent à l’Union Africaine qu’une enquête soit diligentée pour réprimer et traduire en justice les auteurs de tous ces actes honteux qui déstabilisent le continent, 
  • Interpellent la communauté internationale, à la ratification, au respect et à l’application de toutes les conventions internationales relatives aux droits humains, à la non gérance dans les affaires africaines, à l’arrêt de pillages, convoitise et exploitations illicites des ressources naturelles de l’Afrique qui demeurent la cause principale de la pauvreté de l’Afrique alors qu’elle est le continent le plus riche de la planète. Enfin au non complicité avec les dirigeants africains avides et corrompus qui aspirent que leurs intérêts égoïstes au détriment de leur peuple meurtri, les poussant ainsi à emprunter les routes dangereuses et mortelles de la migration à la recherche d’un nouveau monde pour se reconstruire. 
L’Afrique doit rassembler ses forces et bannir la peur de l’autre car la diversité et l’interculturalité constituent une richesse et les mots doivent être en accord avec les actes pour une Afrique unie, digne, solidaire et prospère. 

Fait à Rabat, le 13 novembre 2018 

Ali LOTFI / Secrétaire général de l’ODT
Franck IYANGA / Secrétaire général de l’ODT-I







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