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Ce titre emprunté à un fameux slogan publicitaire anti-alcool et détourné par votre serviteur, c'est pour essayer de répondre à cette question : pourquoi ferme t-on les yeux sur ce que font les hommes et pas sur ce que font les femmes ? Rassurez-vous, je vais pas vous faire un article académique. Je ne suis nia sociologue ni anthropologue et je n’ai donc aucune compétence particulière me permettant ou me donnant le droit de vous entretenir sur ce sujet.

En fait, j’ai décidé, moi aussi, de donner mon avis sur l’immense polémique de ce qu’on pourrait appeler “l’affaire du moulin rouge”, même si ce célèbre cabaret de la Place Pigalle à Paris n’y est absolument pour rien.

Oui, je veux parler de cette mise-à-nu d’une parlementaire mise à l’index par une bonne partie du public et en particulier les bien-pensants de notre gauche ou de ce qu’il en reste, pour avoir ôté son foulard, et pis, pour s’être fait photographier sans ce fichu tissu qu’on a toujours vu sur sa tête de râleuse, et surtout, de moraleuse. 

Je vais peut-être vous étonner, mais personnellement je me fiche éperdument que cette femme, qu’elle soit parlementaire ou pas, qu’elle se prenne en photo en burka devant la mosquée de Paris, ou topless au bois de Bologne. 

Elle est libre de faire ce qu’elle veut et ce qu’elle fait de son corps ne regarde qu’elle.


Oui, je sais, vous allez me dire qu’elle n’est pas une femme “normale”, elle est députée du PJD, un parti qui etc. etc.etc. J’ai même entendu dire qu’elle aurait toujours tenu des propos soutenant le port obligatoire du foulard, pardon, du hijab. 

Peut-être. Et alors ?
Double langage ? Double discours ? Double face 
Et alors ? 

Qu’est-ce qu’on fait ? On la lynche, elle aussi ? On demande aux flics de la traîner, comme une trainée, ou comme le pauvre bonhomme de Marrakech, sur les boulevards pour l’offrir en pâture au peuple en chaleur ? 

Je vais vous raconter une anecdote très personnelle.
J’ai déjà parlé, ici et ailleurs, du milieu très conservateur et très pieux, dans lequel j’ai vécu mon enfance et même plus encore. 

Mon père que Dieu ait son âme, était un patriarche, au sens du noble du terme, un père de famille respecté et craint par toute la famille. Il était respecté et craint à tel point que dès qu’il frappait à la porte d’entrée de la maison, ou bien qu’on l’entendait amorcer sa descente des escaliers vers le rez-de-chaussée de la maison familiale, tout le monde se préparait pour le recevoir, et surtout les femmes et les jeunes filles de la maison. 

Que ce soit ma mère, mes sœurs, mes cousines, mes tantes ou les voisines, toutes ces femmes et ces jeunes filles, se pressaient de mettre un foulard sur la tête, foulard qu’elles avaient noué autour du cou, ou bien qui était à la portée leurs mains. 

Et dès que mon père sortait pour aller à son travail, à la mosquée, faire le marché ou autre, toutes ces femmes et toutes ces jeunes filles se libéraient de leur foulard, avec un grand soulagement et, souvent, dans un grand fou-rire collectif. 

Double face ? Disions-nous. 
Pas du tout. Respect des us et images. Sans doute. En tout cas, pour moi, avec mes yeux d’enfant de l'époque, c’était un petit jeu social, une espèce de contrat non écrit et informel qui ne gênait personne, à commencer par les principales intéressées qui se considéraient comme tout, sauf comme des victimes. 

Quel rapport ? Pourrait-on me dire.
Il n y'a pas de rapport direct, mais il y a une grande similitude. 

Pour vous montrer que je ne suis ni naïf, ni aveugle, je vais commencer d’abord par soulever la grande différence entre ce que je viens de vous raconter, et la situation de cette femme, parlementaire, donc une femme politique, instruite et tout et tout, capable d’affronter hommes et femmes de son parti et même des autres partis, et donc, théoriquement, qui n’est pas obligée d’être soumise à personne et encore moins à ses pairs politiques. 

Justement, parce que c’est une femme politique, qui fait partie d’un parti qui se proclame islamique, que je comprends qu’elle ait choisi ce déguisement, ce costume de scène, exactement comme font les comédiens et les comédiennes. 

C’est vous qui serez des naifs - ou des naïves - si vous croyez que la politique n’est pas qu’une grande comédie, où chacun ou chacune a un rôle à jouer, un rôle qu’on lui a attribué, et qu’il a ou qu’elle a, lui-même ou elle-même, choisi, en toute conscience.

C’est pour cela que je ne comprends pas le pourquoi de tout ce tollé. 

Vous savez, au lieu de rouspéter autant comme on l’a fait, on aurait dû, au contraire, applaudir cette dame qui, entre nous, ne manque pas de charme(s). 

De plus, entre nous, je la trouve beaucoup mieux, sans. 

Je ne connais pas cette femme, mais je ne vous cacherai pas que des amis qui la connaissent bien m’ont parlé d’elle, plutôt en bien, notamment sur ses compétences et sur ses engagements.

Mais, toujours est-il, si je prends sa défense aujourd’hui, ce n’est pas du tout pour cette raison.
Je vais vous dire la vraie raison qui m’a poussé à écrire ce papier, d’où d’ailleurs, le titre que j’ai choisi pour l’illustrer. 

J’ai été outré, choqué, bouleversé même, quand j’ai appris par la presse, que cette pauvre femme, Madame Amina Maelainine pour bien la nommer, a été convoquée par une commission spéciale de son parti, le PJD pour bien le nommer aussi, 

Elle devait répondre aux questions de cette commission sur la véracité des photos publiées, sur les raisons de ces prises de vue, et expliquer son comportement” qui aurait porté “atteinte à l’image du parti” et sur la vérité de “ses relations présumées avec un certain JB”, information rapportée par une certaine presse complice et voyeuse .

Et, ce qui est encore plus choquant, c'est que cette commission n'était formée que par des hommes !
Mais, où sommes-nous ? A quelle époque ? A l’ère de l’inquisition ? 

Mais qui sont-ils pour demander des comptes à une femme dont ils ne sont ni les maris, ni les frères, mais rien d’autre que ses pairs politiques. 

Que ces justiciers m'expliquent pourquoi quand des mecs à eux, comme Yatim ou Choubani, avaient eu des écarts plus ou moins libertins, ici et ailleurs, pourquoi donc n'ont-ils pas constituer une commission pour les interroger ?

Ça aurait pu être très marrant si on avait mis en place une commission composée uniquement de femmes pour les juger.

Plaisanterie à part, cette femme dont je prends la défense aujourd’hui, je ne la connais pas, mais je connais des gens qui la connaissent et qui m’ont en ont parlé parfois, et plutôt en bien, notamment sur ses compétences et sur son sens de l’engagement.

Toujours est-il, je vous jure que si j’étais dans la politique, je l’aurais invitée à me rejoindre dans mon parti. 

Vous savez ce que j’ai envie de lui dire, là, devant vous ? Amina, maintenant que tout le monde t’a vue avec les cheveux en l’air, reste comme ça. Ça te va très bien. Et si jamais tu le fais, je te promets d’appeler à voter pour toi aux prochaines élections. 

Au fait, vous connaissez la dernière ? 
Son ancien patron et ex patron de notre gouvernement, Sa Sérénissime Benky vient, du haut de Sa Papitude, de décréter une fatwa proclamant que désormais les militantes du PJD sont libres due être ou pas le hijab ! 
Je vous avais bien dit que la politique n’est qu’une grande comédie !

Mohamed Laroussi
Journaliste






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