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Aucun peuple au monde n'a été humilié, déchiqueté, dévitalisé et malmené autant et aussi longtemps que celui d'Algérie.

Outre la domination ottomane (1512-1830) initiée par Khaïreddine et qui a amplement impacté les fondamentaux ethnoculturels de cette portion majeure du Grand Maghreb, la colonisation française s'est permise la plus sanguinaire des vassalisations à l'encontre d'un peuple qui n'a rien demandé à personne. S'ensuivirent plus de cent trente années d'humiliations, de dévastations et d'exploitation sous les applaudissements des élites politiques et culturelles des IIIème et IVème républiques françaises.

Puis advint une indépendance obtenue au prix des pires sacrifices, mais vite dévoyée par une camarilla arrivée au pouvoir par le pouvoir des armes. Arrivés sur les tanks, Ben Bella et ses copains du "Groupe d'Oujda" se sont emparés du pays sous le couvert d'une "légitimité" de combat où les rentes sont venues conforter le pillage des immenses ressources du pays.

Le collectivisme, l'alignement sur le bloc soviétique, la gabegie et le népotisme videront peu à peu le jeune Etat de toute vertu démocratique jusqu'à le réduire à une "principauté" oligarchique mise au service d'une caste dont la voracité a fini par précipiter le régime dans le ridicule.

Profitant des séquelles du traumatisme des années noires du terrorisme qu'a connu le pays durant la décennie 90, le clan Bouteflika a réussi "l'exploit" de faire de l'Algérie la risée du monde entier avec un président mort-vivant et une classe politique dévastée par le pillage du pactole pétrolier et gazier.

En vérité, ce grand peuple mérite tous les hommages pour sa clairvoyance, ne serait-ce qu'au vu de la patience dont il a fait montre durant au moins les cinq dernières années où l'impotence du président a cloué l'Algérie à ras la dégringolade aux registres politique, stratégique, diplomatique, économique et financier.

Voilà pourquoi il est aujourd'hui autant nécessaire que vertueux de saluer la résurgence du réflexe révolutionnaire du peuple algérien frère qui se refuse à l'infantilisation et au ridicule d'un cinquième mandat présidentiel au profit d'un clan financièrement carnivore et politiquement infectieux.

Cependant, cela n'autorise aucune incursion dans les affaires intérieures de l'Algérie et, encore moins, quelque réjouissance que ce soit en ces heures où le peuple frère affronte les forces mobilisées contre lui par la mafia d'Alger.

Saluons donc le combat de ce peuple écorché vif depuis si longtemps et avec lequel nous partageons un continuum autant territorial qu'historique et puis tant et tant de liens de sang et d'intérêts ! Sans prétention. Avec beaucoup d'humilité et de compassion.

Surtout gare à la schadenfreude à l'encontre du grand peuple d'Algérie ! Parce que la roue tourne et parce que, nulle part, l'Histoire ne pardonne plus la perpétuation des turpitudes oligarchiques !

A bon entendeur salut !

Abdessamad Mouhieddine
Journaliste

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