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Dans le mémorandum de la banque mondiale pour le Maroc en fin 2017, il était mentionné que 59% des jeunes marocains entre 18 et 29 ans souhaitaient quitter le Maroc de manière définitive. En 2018, le ministre de l’éducation nationale a annoncé que 600 ingénieurs quittaient le Maroc par an.

Tous les DRH vous diront que ce mouvement d’exode continue et il touche d’autres corps de métiers : médecins et infirmiers, logisticiens, chercheurs … À ce rythme, le Maroc risque de se vider de ses meilleures compétences. 

Il importe de souligner que les candidats au grand départ ne sont pas tous jeunes. La génération X (qui précède la génération Y) native de 1960 à 1979 participe à cette exode de manière significative. 

Quand ils exposent les raisons de leur démarche, les candidats au départ le justifient de différentes manières. 
  • Il y a d’abord une inquiétude vis à vis de l’avenir du pays. Les plus modernistes, s’inquiètent de la montée du conservatisme et de l’extrémisme religieux. Les jeunes femmes, en particulier, choisissent des destinations où elles pourront vivre libres et épanouies. La France, l’Espagne ou l’Italie ne sont plus les principales destinations. De nouveaux eldorados ont plus de succès vu qu’ils ne posent pas de problèmes d’équivalence de diplômes : Singapour, Dubaï, Japon, … 
  • Ensuite, il y a le besoin de vivre des expériences professionnelles plus motivantes. Après 2, 3 employeurs différents, certains sont blasés par ce qu’ils nomment « le management à la marocaine ». Le jugement est certes sévère, voir injuste, mais il est révélateur d’une démotivation profonde chez la plupart de ces candidats au départ. – Il convient de parler de celles et ceux qui prennent cette décision en couple. Souvent, ils ne le font pas pour eux-mêmes mais pour leurs enfants.
La possibilité de les faire bénéficier d’une éducation / formation de qualité constitue leur principale ambition. Le fait de le faire au Maroc à travers l’enseignement privé leur semble, à la fois, peu sécurisant (que faire si on ne peut plus payer ?) et injuste (surtout quand plus du 1/3 du revenu du couple est consacré à l’éducation des enfants). Ainsi, même à salaire presqu’équivalent, ces couples sont prêts à tenter la traversée. 

D’autres raisons, il y en a certainement. Mais j’ai eu souvent un malin plaisir à leur poser cette question : et le Maroc dans tout celà ? Les plus âgés pouvaient encore avoir un discours patriotique et exprimer une sorte de regrets. Ils ont tous la particularité d’être *issus* de l’enseignement public.

Les plus jeunes (génération Y) vous *regardent* d’un air étonné, semblant vous dire … » de quoi tu parles mec ?! ». Ils sont issus soit entièrement, soit en partie (du primaire au lycée) de l’enseignement privé. Ils ne se sentent redevables de rien vis-à-vis du Maroc car ils (ou leurs parents) ont dû quasiment tout payer pour être là où ils sont.

Vous auriez tort de les juger …











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