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Le 27 janvier 1980, la ville tunisienne de Gafsa est attaquée par un commando lourdement armé par Kadhafi. Le soir même, des officiers marocains de haut rang se sont transportés in situ pour évaluer la situation. 

Sous 48h, après avoir mobilisé deux avions de transport et plusieurs hélicoptères, Hassan II appela Giscard qui décida d'envoyer des avions de transport, deux hélicoptères Puma et un groupe de conseillers militaires. Il décida également l’envoi de trois bâtiments de guerre ainsi que leur escorte composée de cinq sous-marins qui partirent de Toulon vers les côtes tuniso-libyennes. 

Le plan de Kadhafi, qui envisageait d’engager sa propre armée aussitôt la prise de Gafsa finalisée, échoua lamentablement. Cette armada de dissuasion fit son effet sur le Colonel. 

Plus tard, Giscard racontera que feu Hassan II lui avait expliqué que la réussite du plan libyen signifiait la disparition de la « profondeur stratégique marocaine au Maghreb » et in fine la fragilisation, voire la déstabilisation du Royaume. 

Dans le contexte de la guerre froide où les régimes algérien et libyen étaient puissamment liés à l’ex-Union soviétique, Hassan II déclara que « le Maroc était préparé à combattre aux côtés de la Tunisie contre toute menace, d’où qu’elle vienne ».

Autres temps, autre Monarque, autre régime républicain en Tunisie. En juin 2014, il y a donc cinq ans, quasiment jour pour jour, le roi Mohammed VI prolongea son séjour d’une semaine en Tunisie où il engagea sa sécurité personnelle, parcourant à pied les artères et les rues de Tunis, non sans saluer les passants, prenant dans ses bras des enfants et multipliant les gestes affectueux vis-à-vis de la population. Des actes à la symbolique très forte, notamment en direction des tours opérateurs et des acteurs financiers internationaux.

J’ai relaté ces deux étapes marquantes des relations historiques tuniso-marocaines pour signifier aux imbéciles d’ici et de là-bas que ces deux Etats ne peuvent céder au « baltagisme » va-t-en-guerrier qui s’empare d’un contentieux footballistique pour précipiter les rapports ancestraux entre les deux pays dans une crise diplomatique qui n’est nullement de l’intérêt d’un peuple qui se reconstruit institutionnellement au lendemain d’une révolution, certes salutaire, mais qui a frappé frontalement l’économie, les finances et donc les équilibres sociétaux du pays du jasmin. La crise n’est également pas dans l’intérêt du Royaume qui s’essouffle depuis près de deux décennies à reprendre la main au sein de l’Afrique, ne cessant d’appeler son voisin immédiat à l’ouverture des frontières, non sans avoir tenté de résoudre la quadrature du cercle politique libyen au moyen du fameux « Accord de Skhirat ».

La Tunisie est un peuple digne qui compte l’une des élites les mieux formées de la Région et même du continent. Elle offre actuellement au monde l’exemple d’une belle (et difficultueuse) transition démocratique. Le Maroc partage avec elle des valeurs cardinales qui ont vaillamment résisté aux velléités hégémoniques régionales et internationales, qui plus est aux temps où la guerre froide battait son plein. 

Regardons donc plus loin qu’un ballon et cessons de débiter des « pulsions anales » qui risquent de se transformer en casus belli insurmontables ! 

Les Tunisiens sont nos frères ; ils doivent nous considérer comme les leurs. Point barre.






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