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Ceux qui sont parfois piqués par la mouche non pas tsé-tsé, mais Dzaïr-Dzaïr, ne ratant aucune opportunité d’attiser rancunes et haine entre les deux peuples frères que sont l’Algérie et le Maroc devraient méditer ces quelques marques de fraternité historique entre Marocains et Algériens.

« Celui qui a dessiné le drapeau marocain de ses propres mains n’est autre que l’Algérien Kaddour Ben Gharbit, lequel fut également à l’origine de la mise en forme du protocole makhzénien tel qu’on le voit aujourd’hui.

Celui qui a soufflé le concept même de la « Fête du Trône » était un Algérien qui résidait à Salé et qui répondait au nom de Mysa.

Celui qui était le directeur du Secrétariat particulier du Sultan Mohammed Ben Youssef (Mohammed V) n’était autre que le Kabyle Fqih Memmeri qui deviendra le premier ministre marocain des Palais royaux et de la Chancellerie, longtemps, très longtemps avant l'effrayant Hafid Alaoui.

Celui qui créa le noyau du premier parti islamiste marocain était bien Dr Abdelkrim Khatib dont la naturalisation marocaine n’était intervenue, par Dahir sultanal, qu’au lendemain de l’indépendance.

L’Historiographe des trois rois que fut Abdelwahab Benmansour était d’extraction algérienne, plus précisément de Aïn El Houte, située non loin de Tlemsen.

Bien mieux que cela, Ahmed Ben Bella, le premier président de la République algérienne indépendante, était d’origine marocaine, du côté de Skhour Rehamna (Région de Marrakech), dont la famille s’était installée à Lalla Maghnia.

D’ailleurs cette ville algérienne porte le nom d’une sainte dont la sœur, Lalla Khira, tout aussi sainte, est enterrée et vénérée au Maroc.

D’ailleurs, Ben Bella était entouré de nombreux conseillers marocains, dont Mohammed Tahiri ou encore Abdeslam Jebli, qui sont, à ma connaissance, encore vivants.

Le martyre algérien Larbi Mhidi, que les autorités coloniales assassinèrent, est d’extraction marocaine, de la Région du Souss.

Mdeghri, le premier ministre de l’intérieur de l’Algérie indépendante, était d’origine marocaine.

Quant aux Algériens qui ont vécu au Maroc avant de rejoindre leur pays au lendemain de son indépendance, ils se comptent par centaines de milliers, sinon davantage. Les plus illustres d’entre eux s’appelaient Houari Boumédiene, Abdelaziz Bouteflika, Larbi Belkhir, Kasdi Merbah, Lyazid Zerhouni, Abdellatif Rahal, Chrif Belkacem, Chakib Khalil…etc. N'oublions pas le martyre Boudiaf qui a longuement vécu au Maroc avant de revenir en Algérie pour y être assassiné par la camarilla.

Par ailleurs, des personnalités marocaines de premier plan s’étaient liées à l’Algérie d’une façon ou d’une autre. Ainsi, en était-il de Ben Barka, qui fit ses études à Alger à l’aube des années 40, de Haj M’hammed Bahnini, également ancien professeur de Hassan II, dont la formation avait été assurée par l’ouléma Al Bachir Ibrahimi. Jusqu’à sa mort, Bahnini restera le canal privilégié des rapports entre Boumédiene et Hassan II »

J’ajoute que, selon une étude menée par une équipe de La Maison méditerranéenne des sciences de l’homme (MMSH) d’Aix-Marseille Université, et à laquelle j’avais contribuée, la population « croisée » entre le Maroc et l’Algérie dont l’origine remonte à une seule génération est estimée (2001) à près de sept millions de personnes, soit près de 10% du total des deux populations !

Alors, de grâce ! épargnons-nous les propos chauvinistes imbéciles, les blessures gratuites et, surtout, gardons-nous d’insulter l’avenir qui ne peut être que notre destin commun !
Il y a cinquante-sept ans, le peuple algérien put mettre le colonialisme français hors de son territoire. Mais son indépendance fut aussitôt hypothéquée par une bande d'incultes sans Vision, sans projet civilisationnel digne du courage de ce grand peuple meurtri.
Près de six décennies plus tard, ce même vaillant peuple, dans un sursaut marqué par la discipline, la cohésion et le pacifisme s'est résolu à exiger sa véritable AUTODETERMINATION face à un pouvoir usurpateur.
Comme par le passé, lors de la lutte pour la décolonisation, le combat du grand peuple d'Algérie sera un modèle d'émancipation pour les peuples humiliés par leurs potentats.
Après avoir mis Bouteflika hors d'état de nuire, le peuple algérien est en train de désinfecter les superstructures institutionnelles patiemment et résolument.
Il offrira bientôt sa version de l'émancipation à une Afrique du Nord éprise de cohésion, d'unité, de démocratie et de fraternité.
Bon courage, Grand peuple algérien frère !
Abdessamad Mouhieddine
Journaliste



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