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On s’en doutait, c’était « dans les tuyaux » et ça fait mal. Depuis 2018, l’administration fiscale est équipée d’une IA capable de croiser et analyser les données de tous les organismes publics pour repérer les fraudes fiscales. 

D’une redoutable efficacité, le système a déjà permis de récupérer 640 millions d’euros en 2019. Mais la cerise sur le gâteau, et on était prévenus, c’est l’étendue de cette collecte de données aux réseaux sociaux. C’est le fameux « article 57 » de la loi de finances 2020 qui autorise massivement la collecte de données personnelles, ce qui va évidemment bien au-delà des données uniques des administrations.

Si la reconnaissance faciale est (encore) exclue du dispositif, celui-ci pose question en matière de protection des données et de la vie privée. La collecte de ces informations est sensible puisque cela peut permettre de connaître des préférences politiques, religieuses, des orientations sexuelles et toutes autres informations sensibles. La CNIL a été saisie en urgence et a un peu de mal à se positionner sur le sujet et la commission des lois tente d’encadrer ce système, en excluant, par exemple, une externalisation de la collecte. Mais cela semble bien insuffisant pour certains élus qui souhaitent tout simplement la suppression de cet article.

Les données collectées, si le système ratisse large, sont évidemment ciblées pour tenter de trouver une infraction. Ces données alors collectées seront détruites dans un délai de 30 jours si rien de délictueux n’est finalement constaté. Bon, je ne vais pas vous faire la leçon et vous savez déjà de quoi je vais vous parler…Ne mettez pas n’importe quoi sur les réseaux sociaux ! Au mieux, invitez de vrais amis chez vous pour une bonne soirée, et sauf si vous avez des Renoir et des Monet aux murs et que votre ami est contrôleur dans l’administration fiscale, ce sera bien plus agréable et moins risqué que d’étaler vos clichés de vacances à Monaco en Ferrari.

Sylvain DEVAUX


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