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J’en connais, en ce moment même, qui paieraient pour lire ce livre, sans l’acheter, sans le garder. C’est écrit en arabe mais pas classique, dans une langue douce et agréable qui ressemble à celle qu’on parle tous les jours. Et ça porte un titre intelligent, percutant, magnifique, que l’on pourrait traduire par «Conversation avec le musulman qui habite en moi».

Ce livre est le plus gros succès de librairie au Maroc. On le sait, même si on n’a pas de chiffres. C’est un peu spécial. Ce livre n’existe presque pas en librairie, il s’écoule de main en main. Il n’est pas interdit mais la plupart des librairies refusent de le mettre en vente. En dehors d’une ou deux adresses, le meilleur moyen de se procurer ce livre est de s’adresser directement à l’auteur ou à son éditeur–imprimeur. En payant d’avance. Il vous enverra alors le livre par voie postale.

Au dernier Salon du livre, à Casablanca, où il a quand même été exposé, tous les exemplaires (on parle de plusieurs centaines) ont été épuisés en trois jours. J’en connais, en ce moment même, qui paieraient pour lire ce livre, sans l’acheter, sans le garder.

Dans un pays comme le Maroc qui, dit-on, ne lit pas et n’achète pas de livres, ou si peu, c’est phénoménal. N’est-ce pas!

Alors, qu’est-ce qui explique ce succès fou? 
Nous allons ensemble trouver les réponses.

Comme son titre l’indique, «Conversation avec le musulman qui habite en moi» est un dialogue intérieur. Un homme qui a «quitté» la foi, interroge l’homme qu’il a été, celui qui avait la foi, son double. Le non croyant dialogue avec le croyant. Parfois, l’un des «deux» hommes a envie de gifler l’autre, parce qu’il le trouve dégoûtant, stupide, désespérant.

Nous sommes face à un dialogue entre la raison et la foi, entre la réflexion et l’émotion. Sachant que toutes ces choses opposées et antinomiques appartiennent à la même personne. Elles cohabitent ou coexistent, elles sont encore en lui.

Le livre est bien sûr le résultat d’un tiraillement. Il est autobiographique, personnel. Mais son contenu, ce déchirement qui l’habite, sont partagés par beaucoup de musulmans, de croyants. Ils ne le disent pas forcément, mais eux aussi sont dans le doute, se posent des questions, ont besoin de «vider leur sac». 

L’auteur de ce brûlot incroyable avait déjà publié, il y a quelques années, un premier OVNI venu déchirer le ciel de la littérature marocaine. «Le journal d’un Marocain athée». Toujours dans cette darija délicieuse, irrévérencieuse, et qui a sa place parmi les plus belles langues écrites. Il y racontait sa vie, comment il est parti du Maroc en Europe, ensuite au Canada, comment il a quitté le salafisme pour l’humanisme, comment il a converti sa femme à l’islam, ensuite à l’athéisme.

C’est drôle, ça fait réfléchir, c’est très humain surtout. Les deux livres de cet auteur talentueux, dont on ne connait ni le visage, ni le nom, qui se fait appeler Hicham Nostik (pour agnostique) et qui possède aussi une chaine YouTube, ne sont pas une ode à l’athéisme ou à l’agnosticisme, mais à l’humanisme.

Plus que le goût de la provocation ou de l’interdit, c’est cet humanisme, cet appel à la liberté, et à la raison, qui rendent la démarche de Nostik passionnante.

A découvrir vite, vite, si vous souhaitez réconcilier le croyant et l’agnostique qui habitent en vous aussi. 





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