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Le virus de la bêtise sera le plus dur à combattre. Il est mutant lui aussi, résistant au traitement, et prend plusieurs formes.

Nous vivons depuis quelques jours dans une atmosphère, assez dingue, de fin du monde. C’est une période compliquée, où les pays ferment leurs frontières et se replient sur eux-mêmes. Plus de voyage, plus d’échange, chacun reste chez soi. Même les rues se vident.

C’est tout le contraire du monde dont nous rêvons. La libre circulation devient même un vecteur de propagation du virus.

Comme si le coronavirus était l’envers du décor, la sanction du progrès humain, le revers de la médaille.

C’est le temps du repli et de l’enfermement. Chacun pour soi. Plus question de voyager, de rencontrer, de découvrir, de serrer des mains inconnues, de se mêler à la foule. Plus question de se nourrir des autres, qui deviennent des étrangers, des dangers potentiels.

On reste entre nous, on tourne en rond.

Pour ne rien arranger, nous avons même des personnes influentes qui crient au complot et se mettent à raconter n’importe quoi. Leurs délires sont plus écoutés que jamais.

C’est le temps des «fake news», des théories conspirationnistes, des rumeurs bidon et des bêtises colportées encore plus vite que le virus.

Il sera difficile de ne pas céder à la panique, de lutter contre cette tempête où le virus devient un problème parmi d’autres. La peur de la maladie devient la peur de l’autre.

Le virus de la bêtise sera le plus dur à combattre. Il est mutant lui aussi, résistant au traitement, et prend plusieurs formes.

Des gens sont en train de dévaliser les super marchés et les pharmacies. Les uns pour stocker aliments et médicaments, les autres pour les revendre au prix fort. Voilà comment on peut se retrouver avec une pénurie, voire plusieurs, complètement artificielles. Un problème de plus.

Il faudra faire attention. Le problème avec le coronavirus n’est pas seulement celui de la médecine, ni des autorités sanitaires. Tout le monde est concerné, en fait.

C’est très facile de s’enfermer chez soi. D’accuser les autres. De ne plus voir personne, de se rassurer en s’isolant. De s’entourer de stocks alimentaires. De se cacher. De vivre dans une bulle. Mais pour combien de temps ?

On ferme nos frontières, nos aéroports, nos écoles, on annule nos rencontres, nos sorties, nos voyages. La régression devient un moyen de protection.

Ça rappelle l’atmosphère du dernier livre de Amin Maalouf, «Le naufrage des civilisations». Un essai pessimiste, où l’auteur regrette la fin de la mixité et de la diversité qui fait la richesse du monde. La peur de la maladie agit comme les guerres identitaires dont nous parlait Amin Maalouf.

Nous y sommes ou presque.



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