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En matière de lutte contre le Covid-19, le Maroc a fait preuve de deux qualités dont pourraient s’inspirer la France et d’autres pays occidentaux: d’abord la capacité à produire, localement, de quoi subvenir à ses besoins vitaux ; ensuite, celle de réunir un large consensus national pour mobiliser ses forces vives et de les canaliser dans le but de juguler une menace. 

Le Royaume est à l’avant-garde en ce qui concerne les mesures prises pour endiguer le Coronavirus, notamment en mettant en place un système de confinement très strict et en mobilisant d’énormes ressources médicales, financières (création d’un Fonds spécial pour la gestion de la pandémie du Coronavirus) et humaines pour protéger ses citoyens. La stratégie marocaine a été saluée au niveau international, non seulement pour l’efficacité de sa mise en œuvre, mais aussi pour l’implication de toutes les institutions et les composantes de la société marocaine. Le roi Mohammed VI a lancé un fonds spécial de lutte contre le Covid-19 pour pallier les conséquences économiques de la crise. L’objectif est d’aider les personnes affectées à faire face au chômage ou au risque de faillite. 

Depuis le 7 avril, le port du masque est obligatoire dans l’espace public au Maroc sous peine d’amende, voire d’emprisonnement. Au lieu de s'en remettre à des commandes parfois incertaines à l'étranger (comme l’Allemagne et la France, victimes de retards ou même de vols), l'Etat marocain a mobilisé l'industrie textile locale pour produire 5 millions de masques par jour. Afin de maîtriser toute tentative de spéculation, le gouvernement a encadré les prix en les fixant à 80 DHS les 100 (moins de 8 euros, soit 0,08 euros l'unité). Le fonds spécial du Covid-19 compensera la différence auprès des industriels se pliant à cet effort de guerre sanitaire. Lorsque des particuliers sont prix à vendre des masques à la sauvette, à des tarifs plus élevés, leurs stocks sont confisqués et ils sont arrêtés. 

Autre effet positif de l’effort national, les masques ont pu être distribués rapidement et en grands nombres dans les services médicaux, les pharmacies, les commerces de proximité, les supermarchés et les grandes surfaces, grâce à la mobilisation des réseaux logistiques de la grande consommation et notamment de l’industrie… laitière. En effet, les centrales laitières ont les meilleurs réseaux de livraison auprès de tous les petits commerces du pays, y compris les plus isolés, dans les villages reculés ou les zones montagneuses. 

Pour poursuivre la lutte, l’Etat a également programmé la production de plusieurs centaines de respirateurs artificiels. Là encore, l’objectif est que toutes les composantes soient disponibles au Maroc, afin de ne pas recourir à l’importation 

L’exception marocaine 
Surtout, le Maroc s'en sort mieux parce qu'il y a une autorité claire, la monarchie qui réunit l’indispensable consensus – c’est-à-dire le consentement profond, l’adhésion de l’ensemble d’une population vivant dans un cadre déterminé à un type de pouvoir – qui assure la légitimité d’un État. 

C’est précisément à la réalité nationale que ne cesse de renvoyer le roi Mohammed VI, et cela est bien naturel puisqu’il en est le dépositaire. Parce qu’il « ne s’agit pas de refaire le monde, mais juste de faire évoluer son pays vers de meilleurs horizons sans pour autant le détruire et le plonger dans l’inconnu », l’essentiel consiste à continuer à construire une nation moderne et à devenir un pays émergent, tout en s’appuyant sur ses fondamentaux. 

L’ambition de la monarchie est de parachever la construction d’un pays moderne. Certes, la construction d’un pays capable de relever les défis du XXIe siècle exige du travail, de la patience, de l’opiniâtreté, une bonne entente nationale, un État de droit, de l’ordre et une vision à long terme. C’est tout ce dont dispose le Maroc et c’est son capital le plus précieux. Le roi Mohammed VI a la conviction qu’une monarchie concrète, agissante, a pour mission de promouvoir les réformes et mettre en place une dynamique proposant un nouveau projet de société répondant aux attentes d’un peuple qui est à la fois attaché aux fondamentaux de la tradition et aspire au progrès et au développement. Il s’agit de faire en sorte que l’époque de la modernisation ne soit pas celle des aventures sans lendemain. Qui, mieux que la monarchie peut concilier cette double exigence ? Qui, mieux que le roi peut penser une stratégie à long terme, reposant sur une vision cohérente ? Il ne s’agit pas de faire table rase, de tout chambouler, mais il s’agit plutôt de poursuivre la construction d’une nation moderne, dans le respect de son identité et de ses traditions historiques 

Il y a donc une incontestable exception marocaine qui est, sans aucun doute, due à la vision prospective et stratégique de la monarchie, Dans sa sagesse, le peuple marocain sait combien la monarchie est une condition de l’unité nationale, du respect des intérêts du Maroc sur la scène internationale et des progrès du pays. Et si l’exception marocaine résidait tout simplement dans le fait que, là où d’autres s’agitent en tous sens, tâtonnent ou sont frappés d’une sorte de paralysie cadavérique, le Maroc poursuit son évolution dans la stabilité ? Mais cette exception porte un nom, celui d’une monarchie qui n’est pas limitée à l’instant et n’a pas comme unique champ de vision les échéances électorales et les petits calculs politiciens. Au contraire, elle s’inscrit dans le temps long, c’est pourquoi elle peut planifier et voir loin. 

Nous devons tirer les leçons de ces temps de crise aigüe. Il faut bien réaffirmer la suprématie de la monarchie parce qu’elle est par excellence l’Etat national.La monarchie est supérieure aux régimes liés aux groupes de pression (les lobbies), aux brigues infâmes et aux intrigues vulgaires, à l’opinion toujours fluctuante. Oui, plus que jamais il faut un roi ! 

Charles Saint-Prot
Directeur général de l’Observatoire d’études géopolitiques







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