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"L’ERS (Etablissement Ravitaillement Sanitaire ndlr), je n’y ai jamais mis les pieds", lance Didier Noblet, le maire de Marolles (Marne). Et pour cause, c’est un site militaire très gardé et sécurisé." Il faut dire qu’à l’intérieur de l’établissement, on trouve "du matériel servant notamment aux OPEX (opérations extérieures des armées ndlr)."


Du matériel qui est parti chaque jour de ces entrepôts immenses pendant le confinement pour assurer le fonctionnement de l’hôpital de campagne de Mulhouse, au plus fort de la pandémie, et ce dans le cadre de l’opération Résilience. Mais ce qu’on sait moins c’est que, sur des linéaires à perte de vue, sont stockés des millions de masques chirurgicaux ou FFP2, dont certains ont été détruits ces dernières semaines. On appelle cela des stocks étatiques.

Pour Pierre Cordier, député (LR) des Ardennes, la chose est claire. Sans viser le site de Marolles et refusant de citer sa ou ses sources, il assure qu'"une grosse partie des 600 millions de masques ont été détruits en quelques jours et ce durant la pandémie." Une affirmation qui, si elle est fondée, interpelle tout un chacun. Le député a d’ailleurs questionné le ministre de la santé, Olivier Véran, à l’Assemblée nationale sur ce sujet.

Dans cet échange musclé entre le député ardennais et le ministre de la santé, Olivier Véran parle "de propos bourrés d’erreurs concernant la destruction des masques qui avaient été fabriqués entre 2000 et 2003, précisant "que ceux-ci avaient atteint leur date de validité en 2017. " Il s’agissait alors de maques de chirurgiens et de masques FFP2.

La question, nous explique posément Pierre Cordier, est celle-ci : 
qui a ordonné la destruction des masques ?

Je le redis, selon moi, des millions de masques auraient pu être sauvés
- Pierre Cordier, député LR des Ardennes

Très remonté, il ajoute : "Si, au départ de la pandémie, on avait eu ces masques, on n’aurait pas connu tout ça : les manques chez les soignants, les infirmières libérales, les personnels des EHPAD." 

Selon lui, "le ministre a botté en touche, en expliquant que ceux-ci étaient périmés. Moi, je me fie aux capacités d'expertise de la DGA, la direction générale de l’armement", complète le député.

La norme précisant la date maximale d’utilisation des masques a été mise en place en 2010 ou 2011, si on avait fait une expertise de tous les échantillons, on aurait peut-être pu les remettre à disposition. Donc une fois testés. Or sur les 616 millions de masques comptabilisés, seuls 19 millions d’entre eux ont été sauvés sur décision du gouvernement selon Pierre Cordier.

Selon la chaîne BFM TV qui a mené une enquête de son côté, 85 millions de masques étaient utilisables sur un total qu'ils chiffrent, eux, à 362 millions. Et d'ajouter qu'un million et demi de masques chirurgicaux ont été brûlés entre janvier et mars 2020.

Selon Pierre Cordier, "l’entreposage dans les bâtiments de l’armée a préservé la qualité des produits : ils n’ont pas été soumis à l’humidité, le tissu et la qualité n’était sans doute pas altérée. Au niveau du gouvernement des responsabilités devront être déterminées. Jérôme Salomon, le directeur général de la santé, le premier soutien d’Emmanuel Macron devra s’expliquer. Et le gouvernement sortirait grandi en admettant qu’il y a eu une erreur."

Dans ses propos, Pierre Cordier dispose d'un soutien de taille, celui de Benoît Vallet, ancien directeur général de la Santé. Ce dernier explique dans les colonnes du Monde daté du 7 mai que bon nombre de masques datant de 2005 et 2006 venant des stocks étatiques, auraient pu être mis en circulation. "Ces masques peuvent être utilisés même quand ils sont anciens, ils conservent leurs propriétés."

L'opinion de Benoît Vallet a d’ailleurs été confortée par la suite puisque des tests sur les stocks restants auraient confirmé que la qualité des masques n’était pas altérée. "Les informations que j’ai eues, précise l'intéressé, c’est que les tests sont revenus de façon favorable, ce qui va d’ailleurs permettre de les utiliser dans les prochaines semaines." La polémique est donc loin d’être terminée.



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