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Toute l’histoire du Liban est une longue lutte pour la survie. Les Libanais n’ont jamais cessé de résister pour conserver leurs libertés et leur identité. Ils ont subi de nombreuses invasions, ils ont affronté les pires Épreuves, ils ont maintes fois été menacés de disparaître mais ils n’ont jamais désespéré de leur pays. 

C’est ainsi que ce petit pays, si convoité par les uns ou les autres, s’est maintenu au fil des siècles. Alors que d’autres pays, plus grands - et apparemment - plus forts, auraient sombré après tant d’épreuves, il est demeuré en dépit de tout. Cette vitalité invincible, cette Énergie, cette volonté de survivre, voilà bien la caractéristique première du Liban. 

A l’instar des Québécois, par exemple, les Libanais démontrent qu’un peuple qui ne résigne pas ne peut pas mourir. Il a souvent Été répété que ce qui fait la grandeur du Liban ce sont les Libanais. Et tant qu’il y aura des Libanais, le Liban vivra ! 

Le Liban, Regards vers l’Avenir est un ouvrage coécrit par Edmond Jouve, Charles Saint-Prot et Walid el Tibi (iDLivre – Éditions -Paris / 2004) 

Préface du Dr Charles Saint-Prot 
Le Liban ! Il est peu de pays dont le nom évoque autant de clichés mille fois répétés, suscite autant de passions, provoque autant de controverses. Chaque Libanais se fait une certaine idée du Liban et à l’étranger, en particulier en France, chacun propose sa propre analyse selon ses humeurs ou ses partis pris.

C’est pourquoi les livres ou les Études sur le Liban sont le plus souvent teintés d’esprit partisan, destinés à soutenir une thèse.

Après avoir été durant des lustres le champ de bataille des divers protagonistes sur la scène du Proche-Orient, le martyr de la « guerre des autres », le Liban reste victime des frénésies idéologiques comme si l’on ne prenait la peine de ne parler de lui que dans le seul but de défendre une opinion, sans se soucier du pays lui-même et de son peuple. Pourtant, voici un pays qui vaut la peine qu’on s’intéresse pour lui-même.

On ne peut oublier que le Liban est le pays qui a le plus pâti du conflit du Proche-Orient qui dure depuis 1948. Avec les Palestiniens dépossédés de leur terre, les Libanais sont ceux qui ont le plus souffert et payé le prix le plus élevé. Placé au cœur de la tourmente, plus petit, plus démocratique, plus ouvert et plus tolérant que d’autres, le Liban était le plus fragile. Et malgré cela, le plus petit des États arabes, celui dont Ben Gourion croyait pouvoir dire qu’il était le talon d’Achille de la nation arabe, a fait plier la puissante armée israélienne qui a perdu sa première guerre. Pourtant, la libération de la plus grande partie des territoires libanais occupés est encore loin de conduire à la paix dans la mesure où le Liban est toujours au centre de la crise du Proche-Orient et confronté à des menaces et à des chantages, en particulier pour ce qui concerne l’exigence israélo-américaine d’une implantation définitive des réfugiés palestiniens.

Singulier Liban ! Faible petit État dont la présence est à peine perceptible sur les cartes, mince bande de terre entre mer et montagne, pays dont on a pu dire qu’il avait mille visages et dont on a pensé qu’il ne pourrait jamais s’en composer aucun et pourtant, « il intéresse, préoccupe, étonne, et son nom déplace des résonances disproportionnées à son volume et à son poids, cependant que son existence se poursuit malgré tout ce qui tend à la mettre en doute ».

Le Liban n’alignera jamais des armées de plusieurs centaines de milliers d’hommes et, sans doute, ne produira-t-il jamais des millions de téléviseurs ou d’automobiles. Mais ñ outre son rôle géopolitique dans une région qui reste l’un des points chauds de la planète ñ, il continuera à représenter quelque chose de rare, de précieux, d’indispensable. C’est sa mission grandiose et c’est sur les moyens de poursuivre cette mission que nous avons voulu réfléchir en portant sur lui ces regards vers l’avenir.

Charles Saint-Prot / Directeur général de l’Observatoire d’études géopolitiques Paris 

 
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