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A présent que la courbe évolutive du Covid-19 décline, prolonger le confinement revient à prolonger une attente sans but et sans fin. Cela s’appelle prolonger le vide. Pourquoi? 

Faut-il prolonger le confinement ? Cette question mérite d’être débattue, et pas seulement au niveau gouvernemental. Il faut en parler ouvertement. Parce qu’il y a des choses à dire. Tout le monde mérite d’être entendu, écouté. Tous les arguments doivent être mis à plat et débattus. Nous sommes tous concernés. Nous sommes tous inquiets. 

Cela fait des semaines que les Marocains, la rue, la société, se sont emparés de la question. Il s’agit de leur vie, de leur quotidien. Et dans leur vie, il n’y a pas que le Covid-19. Ils ont mille questions en suspens, qui méritent des réponses. 

Avant toute chose, ils se demandent: quand on est-ce qu’on lèvera le confinement? Parce qu’ils attendent ce signal. Ce déclic. Ce nouveau départ. Ce retour à la vie. 

On a jusqu’à présent beaucoup parlé de l’impact économique de la pandémie, du manque à gagner, de la facture sociale… Et l’impact psychologique et mental, alors, et la psyché de la société marocaine? C’est quantité négligeable? Vraiment? 

A présent que la courbe évolutive du Covid-19 décline, prolonger le confinement revient à prolonger une attente sans but et sans fin. Cela s’appelle prolonger le vide. Pourquoi? 

Il faut rappeler qu’à la date du 10 juin, le Maroc aura bouclé pratiquement 12 semaines de confinement. C’est long. Le bilan du Covid-19 dans notre pays justifiait-il toute cette pause? Comment, dans ces conditions, accepter l’idée d’un énième prolongement? 

Au début, pendant la phase aiguë de la pandémie, quand la maladie était en poussée, les Marocains ont accepté de se confiner. Cas de force majeure. Ils ont accepté de naviguer à vue, on leur a demandé d’attendre alors ils ont attendu, attendu. 

Mais l’attente ne peut pas être éternelle parce qu’elle va ressembler à un abandon. 
Alors oui, le gouvernement tranchera. Mais il faut espérer qu’il prendra la bonne décision… 

L’erreur fatale serait de prolonger le confinement… parce que le plan de déconfinement n’est pas prêt. Cette idée se répand comme une trainée de poudre. Le prolongement devient synonyme d’incompétence. Pourquoi voudriez-vous qu’un pays entier continue à payer pour l’incompétence de son gouvernement? 

Bien sûr, cette crise a mis à nu la fragilité de notre «écosystème». Nous sommes vulnérables. Notre système de santé a des capacités extrêmement limitées. Notre économie repose en (trop grande) partie sur l’informel, qui est par définition volatil, rendant sa traçabilité difficile. Et puis nous manquons de ci, de ça… 

Déconfiner reviendrait alors à un lâcher de ballons sous la tempête. Impossible. Tous les ballons exploseraient en plein vol et seraient perdus… Que faire alors: aller de confinement en confinement en attendant d’atteindre le risque zéro? Sérieusement? 

Les arguments qui plaident pour le confinement sont connus. Le chef du gouvernement les a exposés, à sa manière, une première fois, puis une deuxième et une troisième. Il faut espérer que la prochaine fois, il nous expliquera la stratégie du déconfinement. Point par point. Il a déjà eu les mots pour diffuser la peur et l’inquiétude dans tous les foyers. Il est temps qu’il trouve les mots pour redonner à tous le goût du travail, de la vie, du retour à la normale. 

Allez M. El Othmani, déconfinez-nous pour commencer. C’est le seul moyen d’aller de l’avant!

Karim Boukhari 
Le360.ma




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