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Eric Montana / Journaliste : Ayant tenté de joindre le centre d'accueil des réfugiés par téléphone à plus de dix reprises, pour entendre leur version des faits, je n'ai pu avoir accès qu'à leur service de communication, très cordial au demeurant, mais pas au responsable du centre mis en cause par les réfugiés et prénommé Luca, car selon le responsable du service communication, le responsable (Luca) ne serait "pas autorisé à s'exprimer au nom de l'association".

Pourtant après avoir lourdement insisté, un mail m'a été envoyé par ce même service communication pour m'informer que "Luca" attendait mon appel. Mais au bout d'une dizaine d'appels sans réponse et après que mes confrères italiens aient tenté à leur tour de le joindre et se sont heurtés au même mur de silence que moi, j'ai fini par renoncer.

Mr Mauro de Lellis, le Maire de Cori
Décrit comme honnête, juste et humain par mes confrères journalistes italiens, la discussion avec le Maire de Lellis, a en effet confirmé tout ce qui se dit d'élogieux sur lui. J'ai pu ainsi lui expliquer les difficultés rencontrées durant cette enquête.

Profondément affligé par cette triste affaire, le Premier Magistrat de cette ville ne connaissait que la version officielle des événements présentée par l'association Cas Cori, qui bien évidemment nie tout en bloc, prétend être irréprochable et victime de calomnies.

J'ai pu malgré tout lui communiquer la version des sans-voix et de ceux dont "la parole ne compte pas". Et la version décrite par les réfugiés, présente évidemment une toute autre réalité.

La ville de Cori est un exemple en matière d'intégration et d'humanisme et l'existence de ce centre à la réputation sulfureuse sur son territoire, représente une épine dans le pied de l'administration communale car la presse locale a déjà par de nombreux articles, tenté d'attirer l'attention sur les plaintes de ces réfugiés, accusés de tous les maux, mais à qui personne n'accorde jamais le droit à la parole, le droit de se faire entendre ou de se défendre.
Il est important de préciser que l'association ou coopérative Cas Cori ne dépend en aucun cas de l'administration communale de Cori. Cette coopérative privée s'est installée dans une structure qui appartient à l'église catholique qui a mis à sa disposition des logements, sans que l'administration communale ne puisse s'y opposer.
L'administration communale de Cori est exemplaire en matière d'accueil des migrants et Chira Cochi, l'adjointe au Maire chargée des Politiques Sociales dans cette ville s'exprimant il y a quelques semaines dans H24 Notizie, un journal régional on line, tenait à préciser la position du Conseil communal sur cette question.
Le Maire de cette commune Mauro de Lellis est connu pour être un homme intègre, juste et généreux et je tiens à le remercier chaleureusement pour sa bienveillance, son écoute attentive et son engagement à veiller sur le respect des droits des réfugiés dans sa commune, en particulier au sein de cette association humanitaire mise en cause par de nombreux migrants.
Ce centre pour réfugiés se caractérise par son fonctionnement peu ouvert et particulièrement opaque car même les avocats ne parviennent pas à aller au bout de leurs phrases, tant les échanges téléphoniques sont brefs. J'en ai été personnellement témoin.

Repas des réfugiés livrés dans des sacs poubelles
Étonnant... Pourtant une association humanitaire ne devrait-elle pas être ouverte et transparente si elle n'a rien à cacher ?

Ce qui pose questions, ce sont ces plaintes des réfugiés qui se multiplient et qui affirment tous la même chose, alors qu'ils ne se connaissent pas tous entre eux, n'ayant pas vécu dans ce centre durant les mêmes périodes.

Pour le moment, le Maire Mauro de Lellis s'est engagé à faire toute la lumière sur cette affaire qui donne à sa ville une injuste et regrettable image. Lui-même semble sincèrement contrarié par le Cas Cori.

Dans un pays démocratique, dans un Etat de droit, comment comprendre qu'une association humanitaire soit aussi peu ouverte sur le monde extérieur et si décriée par les réfugiés, alors que l'humain est sa mission première ?

Et comment ce centre d'accueil peut-il expliquer le fait que beaucoup de réfugiés refusent d'y être transférés et ceux qui y résident, rêvent d'en partir au plus vite ?


Eric Montana
Journaliste Sans Frontières






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