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Voilà une nouvelle info covidienne qui a été relayée, par le journaliste Eric Montana, dans le nouveau réseau social "ZOneFR.com" où la censure est bannie par ses concepteurs. Le titre de l'article est révélateur du désordre dans la gestion de la crise sanitaire. C'est un article de Barthélémy Philippe paru dans Capital.

Vaccin : le cabinet de conseil du gouvernement empêtré dans un scandale sanitaire aux Etats-Unis

Le cabinet de conseil américain McKinsey, qui collabore avec le ministère de la Santé sur la stratégie et la logistique de la campagne de vaccination, est au coeur d’un scandale de santé publique aux USA.

Une association qui fait scandale. Comme l’ont révélé LePoint, le Canard enchaîné, ou encore LeMonde, le ministère de la Santé s’est attaché les services de plusieurs entreprises privées, dont le prestigieux cabinet américain McKinsey, pour piloter la campagne de vaccination… Avec un résultat pour l’instant peu probant, malgré une prestation facturée 2 millions d’euros par mois, par le géant US du conseil ! Très en retard sur ses voisins européens (Allemagne, Royaume-Uni…) qui vaccinent à tour de bras, la France a dû revoir sa copie de A à Z, pour tenter d’éteindre les critiques.

Outre le choix de recourir à un cabinet privé américain plutôt qu’aux agents de l’administration pour organiser l’un des plus grands défis sanitaires de ces dernières années, le pedigree même de McKinsey a de quoi interroger.

Et pour cause : le cabinet, qui conseille 147 des 200 plus grandes entreprises mondiales, comme le rappelle France Culture, a récemment terni sa réputation par son implication dans un scandale sanitaire de grande ampleur, aux Etats-Unis.

Il s’agit de la crise dite des opiacés, ces médicaments dérivés de l’opium au puissant pouvoir addictif. Depuis le début des années 2000, la généralisation de la prescription et la consommation de plus en plus massive, de ces antalgiques auparavant réservés aux malades du cancer en phase terminale, auraient causé entre 300.000 et 500.000 décès par overdose dans le pays.

L’une des principales entreprises pharmaceutiques jugée responsable de la crise est Purdue Pharma. Ce laboratoire commercialise l’OxyContin, souvent décrit comme un “opiacé tueur” par la presse américaine. Accusé d’avoir volontairement alimenté la surconsommation de ce produit en multipliant les campagnes de marketing et de lobbying — mais aussi en versant des pots-de-vin aux médecins — Purdue Pharma a été visé par plus de 2.000 plaintes aux Etats-Unis. Une avalanche de procédures judiciaires qui a conduit ses dirigeants à plaider coupable et à déclencher une mise en faillite, fin 2019, afin de pouvoir verser plus de 8 milliards de dollars d'amende, qui serviront dans la lutte contre la crise des opiacés.

Or, depuis 2008 et jusqu’à récemment, Purdue Pharma était un client important de McKinsey. Malgré les alertes sanitaires, les consultants du cabinet de conseil auraient aidé le labo à maximiser ses ventes d’opiacés, quitte à contourner les mesures de santé publique visant à en réduire la consommation. Les investigations de la justice américaine, relayées par le New York Times, ont notamment mis en lumière l’incroyable stratégie marketing proposée par McKinsey à Purdue Pharma en 2017, alors que la dangerosité de l’OxyContin était déjà clairement établie.

Pour faire face aux éventuels tourments éthiques des distributeurs, principalement les pharmaciens, le cabinet suggérait carrément à Purdue Pharma d’offrir une remise à chaque overdose attribuée à l’OxyContin. Si McKinsey nie fermement avoir recommandé ce stratagème cynique à ses clients, de même qu’il réfute les accusations selon lesquelles son travail auprès de Purdue Pharma visait “à augmenter les surdoses ou les abus, et à aggraver une crise de santé publique”, le cabinet de conseil américain s’est tout de même récemment livré à un (rare) exercice de contrition publique.
Dans un communiqué publié début décembre 2020 sur son site internet (relayé par Consultor), l’entreprise a reconnu “ne pas avoir suffisamment pris en compte l’impact dramatique des abus et de l’addiction aux opiacés pour des millions de familles américaines”, dans le cadre de sa collaboration avec Purdue Pharma.
Cette faute a largement écorné la réputation de McKinsey aux Etats-Unis, malgré sa récente décision de mettre un terme à toute implication dans le “business des opiacés”, à travers le monde. Néanmoins, cela n'a pas suffi à effrayer le gouvernement français, qui lui a fait confiance pour sa campagne de vaccination.

Contactés, le ministère de la Santé et le cabinet de conseil McKinsey n'avaient pas répondu à nos demandes au moment de la publication de cet article.

Philippe Barthélémy


 
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