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Non que ce qu’énonce l’actuel préposé aux Affaires Étrangères de la France soit d’un poids de significations qui puisse imprimer une quelconque déformation à l’histoire – petite ou grande – mais sa récente déclaration révèle les arguments des économètres idéologues chargés de décrire et de justifier les registres comptables. (1)

Dans moins de cinq ans, le pays devra être en mesure de recevoir 100 millions de touristes. En 2014, 87 millions de visiteurs ont contribué à la richesse nationale à hauteur de 7,5% du PIB.

En effet, en plus de décider quel chef d’État tiers mérite de vivre ou d’être supprimé depuis son accession à sa tenure en 2012, il a élargi la surface de sa seigneurie en acquérant une nouvelle cure, le commerce extérieur et le développement international. La France s’apprête à revendiquer le tourisme comme activité industrielle privilégiée, à l’instar de la petite Tunisie et de son homologue asiatique, la Thaïlande. Paris, déjà ville musée, se videra encore plus de ses habitants pour une promenade plus aisée des couches moyennes supérieures des pays émergents. Elles devraient subir une attraction irrésistible, fascinées au moyen d’écran par les scintillements d’une Tour Eiffel, ridiculement plus petite que les gratte-ciels qu’ils viennent de quitter, et le charme suranné des french cancan servi dans une place Pigalle aseptisée. Jusqu’au jour où la dette souveraine atteindra le niveau qui fera mettre aux enchères le Louvre et l’Arc de Triomphe.

Les nouveaux emplois à en attendre : serveurs de restaurant, femmes de ménages dans les hôtels et autres statuts déclinés dans les métiers ancillaires, équivalent exact des créations d’emplois aux Us(a) depuis 2008.

Les mouvements incessants de ces migrants transitoires désirables accompagnent les perturbations démographiques constituées par les déplacements continus de migrants économiques et / ou réfugiés.

Le nomadisme est vanté par les post-modernes atteints d’inculture historique consternante comme une vertu très yuppie. (2) L’humanité s’est constituée autour de segmentation de territoires même à l’heure où elle n’était que chasseresse et cueilleuse…

Sur les sept milliards* d’humains habitant la planète, parmi les 50% des 99%, qui ne possèdent rien et n’ont pas le bonheur d’avoir un revenu, le seul possible, salarié, combien ne rêvent-ils pas éveillés d’être des consommateurs à jamais non comblés sur le seul mode existentiel disponible, l’occidental. Dans cette fraction, quelle en est la part qui affrontera déserts et mers pour venir échouer en périphérie des démocraties qui les prolétarisent ?

Une théorie « Fabius » avec sa praxis, on peut lui en attribuer la paternité à son insu, car elle est inconsciente pour au moins deux raisons- il n’est qu’un outil (bien rétribué) du capitalisme tardif et sa médiocrité reflète un trop mauvais aloi neuronal- a vu le jour.

Lemme un :

Les pétromonarchies signalent aux US(a) leur constat que la protection que le gendarme du monde leur assurait est devenue défaillante. Elles s’adressent désormais à un autre caïd promu à la fois nouveau sous-traitant protecteur et subordonné, la France.

Le voyageur de commerce quand il n’est pas assoupi s’occupe de commerce international. Et se doit de vendre de l’armement français à qui peut l’acheter.

Lemme deux :

Contrats mirobolants pour la première production française.
Armements payés comptants pour l’armée libanaise.
Armements payés à l’Égypte de Sissi, nouvelle province de la Séoudie. Notons que cette annexion n’a suscité aucune protestation de la « communauté ».

Dernier contrat en date : 10 milliards ( 5 à 10% du PIB).

Corps du théorème : tout indésirable gênant la progression de la déstructuration inhérente à la dispersion du wahhabisme (ignorance plus anomie liée à l’argent-roi) est à abattre.

Bachar el Assad a hérité d’un ordre social et politique singulier, résidu de socialisme coulé dans un creuset pluri-ethnique et pluri-confessionnel cohésif et n’avait aucune vocation à faire figure de chef charismatique. La Syrie est de plus amputé d’une province, le Golan occupé depuis 1967, elle ne peut constitutivement signer de paix avec l’entité sioniste.

Aide à la démonstration :

La Syrie a été obligée de retirer son armée du Liban en 2005 sous la pression des néo-conservateurs, alors que sa présence était conforme aux accords de Taef qui ont conclu la guerre civile libanaise en 1990.

L’attentat qui a coûté la vie à Rafic Hariri en 2005 a été l’occasion d’instituer un tribunal international imposé par la « communauté » pour enquêter et juger dans une affaire qui relève de la souveraineté libanaise. L’essentiel est de désigner Bachar El Assad comme responsable.
Effets du théorème.
Détruire la Syrie. Opération en cours réussie à 60% pour les infrastructures.
Générer des millions de réfugiés.
Les deux effets sont semi-autonomes et se renforcent l’un l’autre.
Ainsi l’arrivée de réfugiés en masse en Europe est un bénéfice secondaire même si non escompté à l’origine de l’activité de notre Commerçant Extérieur.

La BNP et la Ayn Rand Institute qui ne portent pas l’étiquette insultante d’entités philanthropiques sont à l’œuvre pour faciliter le transport et la traversée des frontières des candidats migrants.

Il y a bien cohérence du système avec lui-même dans ce qu’il fonctionne en exacerbant l’atomisation des sociétés et en exaltant la concurrence de tous avec tous. Pas des transnationales qui sont en situation d’oligopoles mais des travailleurs, les autochtones avec les anciens immigrés et les nouveaux émigrés. Cette concurrence est faussée car elle résulte de crimes de guerre et elle n’est pas libre. Qui est libre de ne pas vendre sa force de travail pour vivre ? Cette contrainte va s’assortir de ce que l’on observe déjà avec les minorités déjà constituées en groupes, des revendications micro-politiques et néo-ethniques. Les luttes sociales s’épuisent dans des revendications à la différence ‘tolérées’ oubliant car une amnésie de la totalité du système est prescrite les projets globaux.

Prospèrent alors les petites boutiques suprématistes spécialisées dans la vente d’un brouet qui n’apaiseront aucun désir de justice et qui échoueront à préserver la pureté de la ‘race’.

Tourisme, armements donc guerres, et migrations en masse.

Voici le bréviaire en trois topos brièvement pointés du brassage des populations arrachées à leur humus : langue, géographie singulière avec traditions de toutes natures réalisant des sociétés qui tiennent par la solidarité intrinsèque au mode de production économique.

La Palestine est une métaphore appropriée de cette fonctionnalité. Elle est vidée de ses indigènes, sommés de migrer ailleurs, au moyen de guerres, pour accueillir des immigrés sans autre attache à cette terre que fantasmatique.

Comment s’étonner que les nouveaux romans de gare promus comme œuvres culturelles et visionnaires évoquent une Soumission sans savoir devant quel Dieu véritable est dévolue la prosternation. Le Seul, l’Unique dont les medias anthropomorphes sont les servants, le Marché.

Au sein des décombres du capitalisme tardif, alors qu’une certaine pratique de la psychanalyse a ruiné la notion même de sujet, ce vieux machin prémoderne, dans une dimension inattendue, une volonté politique a émergé et s’est affirmée acteur de l’histoire.

Certes avec une ambition modeste, prendre au mot les messages des Dominants- encore une histoire de linguistique et donc de cohérence grammaticale sinon du récit- un homme porté par une espérance archaïque, une fierté et une fidélité nationales, déchire un mythe.

Le Gendarme du monde, avec ses crimes effectués à distance ou confiés à des sous-traitants et toujours payés par des tiers, sa surveillance globalisée, son technocratisme à deux sous vite démodé et dévalué malgré la ‘privatisation’ intellectuelle, s’est incliné en Méditerranée.

Il n’a plus non plus la main dans le Pacifique.
Le combat n’est pas terminé même s’il est assuré qu’il s’agit la fin de la dernière thalassocratie.

En se replaçant sur le terrain daté mais en lien avec une certaine puissance d’agir, les hommes auront à se rappeler que lois socio-économiques ne procèdent pas d’une fatalité aveugle. La vraie liberté serait d’annuler le pouvoir exorbitant des multinationales oligopolistiques qui modifient insensiblement notre cadre de vie et nos manières de pensée en les privant de la décision de la production planifiée et orientée pour le seul profit.

Par Badia Benjelloun

* 7 milliards, c’est plus que la somme de tous les humains qui ont vécu sur la planète depuis qu’ils l’habitent.







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